Les carabistouilles des critiques (et des autres)

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faustin
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Les carabistouilles des critiques (et des autres)

Message par faustin » 17 août 2006, 20:30

J'avais ouvert un fil les carabistouilles des critiques, les participants ont bien voulu suivre mon idée et déposer quand il le fallait leurs critiques à l'égard de ceux dont le métier est de critiquer et qui parfois n'évitent pas les erreurs factuelles ou de jugement ou les imprudences.
J'ai cherché à le retrouver, pas moyen. J'en suis réduit à en ouvrir un autre avec le même titre. Si les modérateurs retrouvent l'original, ils pourront lui rattacher ce message.

Une nouvelle fois, c'est Gilles Macassar, critique à Télérama que je voudrais épingler. Gilles Macassar fait dans le Télérama du 19 août une critique d'Arabella de Richard Strauss dont une retransmission enregistrée au Théâtre du Châtelet en 2002 sera diffusée sur Arte le 19 août.

On lit dans son article:
La mise en scène élégantissime de Peter Mussbach poétise l'intemporalité du livret.

L'intemporalité du livret d'Arabella. en voilà une carabistouille. Rien n'est plus daté que cette histoire, située dans la Vienne impériale d'avant la première guerre mondiale, la Vienne de l'Apocalypse joyeuse.
Il y a les bals, il y a les jeunes nobles, il y a les amitiés indéfectibles des anciens militaires, il y a surtout le personnage de Mandrika, un seigneur dont le domaine est situé en Croatie, la Croatie faisait alors partie de l'empire austro-hongrois, et qui vend un bois pour faire le voyage de Vienne, qui quand il donne la description de son immense domaine évoque ses forêts, ses rivières, ses étangs, et ne manque pas de signaler qu'il y s'y trouve un ermite. Un domaine avec un ermite, ne dites pas, Monsieur le critique, que c'est intemporel!
Faustin

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maitreluther
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Message par maitreluther » 17 août 2006, 20:36

Le seul moyen de faire taire les critiques c'est de ne plus les lire.
Sans lecteurs, le critique s'étiole, devient dépressif, perd son stylo et son encrier au vitriol et fini par aller à l'opéra sans ses lunettes noires et ses boules quiès.
c'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule
(audiard)

http://foudopera.musicblog.fr/

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ziad
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Message par ziad » 18 août 2006, 15:58

...sauf qu'ils écrivent tous pour des journaux ou magazines généralistes (genre programmes télé) alors ils sont parfois plus censés donner un cachet "classique" à la revue qu'à apporter des informations réellement précieuses. Les ventes de Télérama ne baisseront pas d'un numéro juste parce qu'à propos d'une diffusion télé, Arabella est qualifiée d'intemporelle au lieu de datée...

D'ailleurs, est-ce une caramachin (carabistouille ??? c'est le nom d'une soupe ?) ?

Je suis d'accord avec Faustin mais il est toujours possible d'élargir un peu le champ de réflexion et de se dire qu'après tout, le plus important dans Arabella, ce n'est pas l'ermite ou la Fiakermilli au bal des cochets mais la quête de l'amour idéal. J'espère qu'aujourd'hui encore, les jeunes filles rêvent de rencontrer le Prince charmant...
Si on lit bien la phrase de Macassar citée par Faustin, le critique ne dit pas qu'Arabella est intemporelle mais qu'elle contient une part d'intemporalité que poétise la mise en scène. Même si cette part est minuscule, elle existe certainement quelque part, comme dans pratiquement tous les livrets d'opéra. Sinon, Macassar aurait écrit "La mise en scène élégantissime de Peter Mussbach poétise un livret intemporel." et là, ça aurait été carabistouillé !

Est-ce que cette belle production a été éditée en DVD ? Ça a été un très beau spectacle, porté par une belle équipe musicale. Pouvait-on rêver d'une Zdenka plus parfaite que Barbara Bonney ? C'était peu de temps avant que sa voix ne se dégrade... Elle annule désormais tous ses engagements. Si elle s'arrêtait là, elle aura quand même fait une belle carrière largement documentée par le disque. Y a-t-il des chanteuses de sa génération qui ont autant enregistré ?

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l'immoralité à l'opéra

Message par faustin » 20 août 2006, 09:16

Si Gilles Macassar avait voulu dire qu'il y a de l'intemporalité dans un livret bien situé dans l'espace ou dans le temps, il aurait fallu pour qu'on le comprenne qu'il l'écrivît autrement. Je ne crois pas le critique attitré de Télérama si capable de telles subtilités.

La quête de l'amour idéal, la rencontre du prince charmant... Dans le livret de Hugo von Hofmannsthal, elle emprunte des voies plus qu'inattendues . Un père tombé dans des embarras financiers écrit à un ancien camarade de régiment, propriétaire d'un immense domaine aux confins de l'empire, lui demande une aide financière et joint à sa demande une photo de sa fille: ça pourrait peut-être t'intéresser! Sa femme est complice et l'intéressée elle-même ne s'en formalise pas plus que ça. Comment, dit-elle, trouve-t-on ma photo en des contrées si lointaines? Mandrika à qui elle a posé la question ne lui répond pas et elle passe outre. On pourrait imaginer dans d'autres scénarios que tout ce beau monde soit transformé instantanément en statues de sel. C'est le contraire. À la place du barbon libidineux dont on attend avec inquiétude la réponse, arrive son fils, un beau jeune homme qui vient de recueillir l'héritage. Et l'amour rachète tout.


L'immoralité est de tous les temps, mais ce type d'immoralité est très datée fin XIXe, début XXe.


J'ai repéré deux livrets d'opéra qui sont des monuments d'immoralité: Arabella qui a été écrit par un catholique fervent et le Couronnement de Poppée de Monteverdi dont la musique a été écrite par un ecclésiastique.
Faustin
PS avis aux modérateurs: où est passé le premier fil les carabistouilles des critiques? Serait-il possible de le retrouver?

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Message par JdeB » 20 août 2006, 11:30

Je crains fort que le fil initial n'ait été victime du piratage subi ce printemps :cry:
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Message par JdeB » 21 août 2006, 12:06

Dans le hors série d' Opéra magazine sur la saison internationale 2006-2007 sont mentionné(e)s dans la catégorie sopranos (p. 9)
C. Bartoli (bon, ça se discute)
O. Borodina (sic)
S. Brunet (sic)
S. Graham (sic) *
V. Kasarova (sic)
W. Meier (sic)
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Message par JdeB » 27 mars 2007, 18:45

Dans le dernier Diapason, p. 58, Claude Samuel affirme que Crespin n'a jamais chanté Carmen en France.
et pourtant...Ce fut le cas à Montpellier en mars 1980 et en juillet 1981 dans les Arènes de Nîmes, sa ville d'adoption.
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Message par EdeB » 20 avr. 2007, 15:21

Enfin, « critiques », ici, faut le dire bien vite, l’anonymat bien lâche étant de rigueur….
Suite au fil sur Louise de Charpentier, je suis allée dans Wiki et je suis tombée à la renverse…. !
Dans le genre « idioties mal dégrossies, erreurs diverses, et approximations forcenées », on peut également dans Wikipedia, une notice d’un certain « m » dans la Clémence de Titus, avec les perles suivantes :
Una porcheria tedesca!" (Une porcherie allemande). C'est en ces termes que l'impératrice Maria-Luisa accueillit la création de la Clemenza di Tito, à Prague le 6 septembre 1791. De fait, l'ouvrage fit longtemps figure d'opéra maudit, étant peu joué, jusqu'à sa "réhabilitation" par Istvan Kertesz et Jean-Pierre Ponnelle à Londres, en 1969. En cause principalement un livret particulièrement confus et peu crédible : Titus est étonnant d'apathie, Vitellia de monstruosité. L'ouvrage souffre également d'une composition rapide : Mozart l'écrivit en six semaines, dans les derniers mois de son existence, en parallèle à La Flûte enchantée, également créée en septembre 1791. de fait, les récitatifs secco (dûs à Süssmayr) sont nombreux et souvent longs. A commencer par celui qui ouvre l'opéra et qui dure plus de 3 minutes.
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cl%C3%A9mence_de_Titus

D’ailleurs la notice sur Mozart est un sommet dans le genre….
Emmanuelle, atterrée… et qui ne se sert JAMAIS de Wikipédia.
Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. - M. Leiris
Mon blog, CMSDT-Spectacles Ch'io mi scordi di te : http://cmsdt-spectacles.blogspot.fr/
Mon blog consacré à Nancy Storace : http://annselinanancystorace.blogspot.fr/

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Message par yoshi » 23 avr. 2007, 12:22

Dans le Figaro de samedi 21 et dimanche 22 avril le critique Christian Merlin donne la présentation de "L'Allegro, il Penseroso ed il Moderato" de Handel qui est dansé par le Ballet de l'Opéra de Paris.

"Malgré son livret en italien, elle a été inspirée par des poèmes anglais de Milton" 8O

:oops: :oops: :oops: :oops: :oops: :oops: :oops: :oops: :oops:

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Message par dge » 23 avr. 2007, 13:13

EdeB a écrit :Enfin, « critiques », ici, faut le dire bien vite, l’anonymat bien lâche étant de rigueur….
Suite au fil sur Louise de Charpentier, je suis allée dans Wiki et je suis tombée à la renverse…. !
Dans le genre « idioties mal dégrossies, erreurs diverses, et approximations forcenées », on peut également dans Wikipedia, une notice d’un certain « m » dans la Clémence de Titus, avec les perles suivantes :
Una porcheria tedesca!" (Une porcherie allemande). C'est en ces termes que l'impératrice Maria-Luisa accueillit la création de la Clemenza di Tito, à Prague le 6 septembre 1791. De fait, l'ouvrage fit longtemps figure d'opéra maudit, étant peu joué, jusqu'à sa "réhabilitation" par Istvan Kertesz et Jean-Pierre Ponnelle à Londres, en 1969. En cause principalement un livret particulièrement confus et peu crédible : Titus est étonnant d'apathie, Vitellia de monstruosité. L'ouvrage souffre également d'une composition rapide : Mozart l'écrivit en six semaines, dans les derniers mois de son existence, en parallèle à La Flûte enchantée, également créée en septembre 1791. de fait, les récitatifs secco (dûs à Süssmayr) sont nombreux et souvent longs. A commencer par celui qui ouvre l'opéra et qui dure plus de 3 minutes.
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cl%C3%A9mence_de_Titus

D’ailleurs la notice sur Mozart est un sommet dans le genre….
Emmanuelle, atterrée… et qui ne se sert JAMAIS de Wikipédia.
Je ne suis pas un fan de Wikipedia et de son principe d'écriture mais l'article n'est pas aussi mauvais que çà. La plupart des affirmations sont vraies ou vraissemblables mais on peut regretter que seuls les aspects "négatifs" soient mis en exergue. Tout en reconnaissant les faiblesses de l'oeuvre (et surtout du livret) , on pouvait écrire qqch de plus positif donnant à un non initié l'envie d'aller plus loin.

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