Le répertoire de l'Opéra de Paris sous la Restauration et le Second Empire

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Re: Le répertoire de l'Opéra de Paris sous la Restauration et le Second Empire

Message par paco » 13 juil. 2018, 13:39

PlacidoCarrerotti a écrit :
13 juil. 2018, 12:53
Véron est le seul qui ait gagné de l'argent à la tête de l'ONP : on s'est hâté de ne pas renouveler son privilège et l'Opéra a pu reprendre son cours normal, c'est-à-dire perdre beaucoup d'argent.
:lol: c'est tellement ça !!
Sans compter que, comme il a gagné de l'argent en tant que producteur, les rumeurs à l'époque ont vite fait de dire qu'il avait piqué dans la caisse. Rumeurs qui persistent encore de nos jours !! (j'ai lu une allusion à cela il y a deux ou trois ans sur un blog)

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Re: Le répertoire de l'Opéra de Paris sous la Restauration et le Second Empire

Message par EdeB » 13 juil. 2018, 14:21

David-Opera a écrit :
13 juil. 2018, 12:06
EdeB a écrit :
13 juil. 2018, 11:41
Faut-il parler du Don Giovanni "de" Mozart ? On peut légitimement se poser la question, étant donné l’œuvre qui était représentée...
Par ailleurs, en ce qui concerne l'histoire des représentations parisiennes et françaises des opéras de Mozart, la bibliographie commence à être conséquente...
Attention, il y a plusieurs Don Giovanni :

1. Celui du 17 septembre 1805 créé à l'Académie de Musique. Version en français totalement modifiée, sans duel, et avec des ténors à la place des sopranos. Cette version, on n'en parle même pas.

2. Celui créé au Théâtre des Italiens en version originale le 12 octobre 1811. Grand succès.

3. Celui créé à l'Odéon le 24 décembre 1827 puis à la salle le Peletier le 10 mars 1834 dans l'adaptation française de Castil-Blaze. Une partie du texte de Molière est reprise, et c'est un ténor, Adolphe Nourrit, qui interprètera le rôle principal. C'est cette version qui va s'imposer pendant un siècle à l'Opéra.
C'est bien ce que je dis, merci. Il ne s'agit donc pas vraiment du Don Giovanni "de" Mozart !!!!!
Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. - M. Leiris
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Re: Le répertoire de l'Opéra de Paris sous la Restauration et le Second Empire

Message par EdeB » 13 juil. 2018, 14:22

paco a écrit :
13 juil. 2018, 13:39
PlacidoCarrerotti a écrit :
13 juil. 2018, 12:53
Véron est le seul qui ait gagné de l'argent à la tête de l'ONP : on s'est hâté de ne pas renouveler son privilège et l'Opéra a pu reprendre son cours normal, c'est-à-dire perdre beaucoup d'argent.
:lol: c'est tellement ça !!
Sans compter que, comme il a gagné de l'argent en tant que producteur, les rumeurs à l'époque ont vite fait de dire qu'il avait piqué dans la caisse. Rumeurs qui persistent encore de nos jours !! (j'ai lu une allusion à cela il y a deux ou trois ans sur un blog)
En fait, de mémoire, c'est plutôt lui qui aurait mis dans la caisse....
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Re: Le répertoire de l'Opéra de Paris sous la Restauration et le Second Empire

Message par PlacidoCarrerotti » 13 juil. 2018, 14:24

paco a écrit :
13 juil. 2018, 13:39
PlacidoCarrerotti a écrit :
13 juil. 2018, 12:53
Véron est le seul qui ait gagné de l'argent à la tête de l'ONP : on s'est hâté de ne pas renouveler son privilège et l'Opéra a pu reprendre son cours normal, c'est-à-dire perdre beaucoup d'argent.
:lol: c'est tellement ça !!
Sans compter que, comme il a gagné de l'argent en tant que producteur, les rumeurs à l'époque ont vite fait de dire qu'il avait piqué dans la caisse. Rumeurs qui persistent encore de nos jours !! (j'ai lu une allusion à cela il y a deux ou trois ans sur un blog)
Dansomanie ?
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Message par David-Opera » 13 juil. 2018, 16:18

EdeB a écrit :
13 juil. 2018, 14:21
C'est bien ce que je dis, merci. Il ne s'agit donc pas vraiment du Don Giovanni "de" Mozart !!!!!
Non, puisqu'il est en français. Mais je ne sais pas si la version Le Peletier était instrumentalement modifiée, ce qui était le cas en 1805.

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Re: Le répertoire de l'Opéra de Paris sous la Restauration et le Second Empire

Message par paco » 13 juil. 2018, 18:51

EdeB a écrit :
13 juil. 2018, 14:22
paco a écrit :
13 juil. 2018, 13:39
PlacidoCarrerotti a écrit :
13 juil. 2018, 12:53
Véron est le seul qui ait gagné de l'argent à la tête de l'ONP : on s'est hâté de ne pas renouveler son privilège et l'Opéra a pu reprendre son cours normal, c'est-à-dire perdre beaucoup d'argent.
:lol: c'est tellement ça !!
Sans compter que, comme il a gagné de l'argent en tant que producteur, les rumeurs à l'époque ont vite fait de dire qu'il avait piqué dans la caisse. Rumeurs qui persistent encore de nos jours !! (j'ai lu une allusion à cela il y a deux ou trois ans sur un blog)
En fait, de mémoire, c'est plutôt lui qui aurait mis dans la caisse....
Oui la vérité c'est effectivement qu'il a tout financé de sa poche. Mais la rumeur a prétendu le contraire...

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Re: Le répertoire de l'Opéra de Paris sous la Restauration et le Second Empire

Message par MariaStuarda » 14 juil. 2018, 10:30

Petit rappel du fil que j'avais ouvert il y a un an mais dont la documentation était, bien évidemment, beaucoup moins argumenté que celle de David :mrgreen:

http://www.odb-opera.com/viewtopic.php? ... hilit=1850

Puisque le sujet est passionnant, il faudrait peut-être ouvrir un fil dans "les dossiers".
Ça vaut d'ailleurs pour beaucoup de fils historiques ouverts par David (par exemple, les différentes versions de Don Carlos) et que nous pourrions ainsi retrouver plus facilement.

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Re: Le répertoire de l'Opéra de Paris sous la Restauration et le Second Empire

Message par JdeB » 14 juil. 2018, 10:37

Oui, je suis d'accord. que David prenne contact avec Oylandoy à la rentrée
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Re: Le répertoire de l'Opéra de Paris sous la Restauration et le Second Empire

Message par David-Opera » 15 juil. 2018, 09:14

Ci joint l'article finalisé.

Dans la suite de l'article sur le Le répertoire de l’Opéra de Paris de l’inauguration du Palais Garnier (1875) à nos jours
http://www.odb-opera.com/viewtopic.php? ... rnier+1875, le présent article rend compte du répertoire de l'Opéra de Paris (qui fut dénommé successivement, Académie Royale de Musique, Théâtre de l'Opéra, Théâtre de la Nation, Théâtre Impérial de l'Opéra, Théâtre National de l'Opéra) depuis l'ouverture de la salle Le Peletier en 1821 à l'ouverture de Garnier en 1875.

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La salle Le Peletier

Il permet en un coup d’œil de comparer les œuvres les plus jouées du répertoire à cette époque, et de voir l'évolution à partir de l'ouverture de Garnier.

Ces données sont à prendre dans un premier temps avec précaution car la source (Chronopera) ne permet pas facilement de distinguer les ouvrages joués partiellement (un ou deux actes par exemple), des ouvrages joués intégralement. Les chiffres sont donc très approximatifs (par exemple, on sait que Louis Véron a donné 60 représentations tronquées de Guillaume Tell dont il doutait des valeurs théâtrales).


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L’opéra de 1821 à 1874 sous la Restauration et le Second Empire

Avec l’ouverture de la salle Le Peletier le 19 août 1821, construite en 12 mois après la fermeture de la salle Richelieu témoin de l’assassinat du Duc de Berry, en plein cœur de la Restauration, l’Académie Royale de Musique s’apprête à vivre une révolution esthétique et dramaturgique qui va en faire le reflet des mentalités de la société bourgeoise triomphante à l’aube de la monarchie de juillet.


La poursuite de la tradition classique (Spontini, Gluck, Sacchini, Grétry)

Dans les mois qui suivent cette inauguration, Aladin et la Lampe merveilleuse, opéra-féérie en cinq actes de Nicolas Isouard, joué seulement après sa mort, est la première création de la nouvelle salle et le premier spectacle représenté sous les lumières du gaz.

Toutefois, lors des premières années d’exploitation, sous la tutelle du Ministre de la Maison du Roi, la programmation de la salle prolonge pour un temps le mouvement de renouvellement esthétique de l’Opéra de Paris dont Gaspare Spontini est l’artisan depuis la création de La Vestale en 1807, et de Fernand Cortez en 1809, œuvres qui, avec leur orchestration somptueuse et leurs décors monumentaux, annoncent le grand opéra français.

La tradition classique est maintenue avec les ouvrages parisiens de Gluck, et si Iphigénie en Tauride et Iphigénie en Aulide sont abandonnés au cours des deux premières années, Armide*, et surtout Alceste et Orphée et Eurydice, restent à l’affiche plus longtemps. On retrouve également l'Œdipe à Colone d'Antonio Sacchini qui poursuit sa brillante carrière jusqu’en 1844 avec 50 représentations.

* Armide reste l’œuvre tirée de la Jérusalem délivrée la plus représentée à l'Opéra : voir " La carrière de six ouvrages lyriques tirés de la Jérusalem délivrée à l'Opéra de Paris (1686-1913) : Lully, Campra, Desmarets, Gluck, Sacchini et Persuis », Le Répertoire de l’Opéra de Paris (1671-2009). Analyse & interprétation. Actes du colloque de l’Opéra Bastille, Paris, Honoré Champion, 2011.

Quant à André Grétry, compositeur qui vivait à Paris dès 1767, et toujours compositeur phare du Premier Empire, il se maintient pendant 8 ans avec son grand succès La Caravane du Caire joué 50 fois jusqu’en 1829, et il en va de même pour le Rossignol de Louis-Sébastien Lebrun, qui reste à l’affiche jusqu’en 1831 avec près de 100 représentations.

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L’avènement de l’opéra historique (Rossini, Auber, Scribe)

Mais depuis que Spontini a quitté la capitale en 1820 suite à l’échec d’Olympie, le paysage musical parisien est en pleine mutation. Gioacchino Rossini arrive à Paris en 1823 pour diriger le Théâtre des Italiens installé au Théâtre Louvois, puis à la première salle Favart.

Ce n’est pas un inconnu puisque 12 de ses opéras y ont déjà été joués. Il réussit à créer à la salle Le Peletier, en 1826 et 1827, Le Siège de Corinthe et Moïse et Pharaon, adaptations françaises respectives de Maometto II et Mosè in Egitto. Il s’impose alors comme un précurseur de l’opéra historique. Les deux ouvrages totaliseront à eux-deux plus de 250 représentations.

Et l’année 1823 est véritablement celle des rencontres parisiennes déterminantes, car l’élève de Cherubini, Daniel-François-Esprit Auber, s’associe au librettiste Eugène Scribe pour créer des ouvrages à l’Opéra-Comique, mais également pour tenter de séduire le public bourgeois avide de pièces historiques.

La Muette de Portici, créée à Le Peletier en 1828, devient leur plus grand succès commun à l’Opéra avec près de 450 représentations en 50 ans.

Dans la foulée, Rossini crée la même année à l’Opéra le Comte Ory, son dernier opéra-comique et grand succès de la salle Le Peletier, en collaboration avec Eugène Scribe, puis en 1829 son chef-d’œuvre, Guillaume Tell, qui totalisera à l’instar de La Muette plus de 450 représentations.

La Muette de Portici et Guillaume Tell vont devenir les deux pierres angulaires du genre du grand opéra français, genre caractérisé par une veine historique déployée sur 4 à 5 actes, des lignes mélodiques écrites pour le goût français, et un grand ballet central.

Parallèlement à ces succès, Giacomo Meyerbeer, compositeur berlinois, arrive à Paris en 1825 pour superviser les répétitions d’Il crociato in Egitto au Théâtre des Italiens. Le succès est tel qu’il décide de s’installer définitivement dans la capitale, et se met à la recherche de librettistes.

Dès 1827, il annonce qu’il débute sa collaboration avec Eugène Scribe et Germain Delavigne pour composer Robert Le Diable.

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L’âge d’or du grand opéra français (Meyerbeer, Auber, Halevy, Donizetti, Scribe)


Survient la révolution de juillet 1830 qui porte au pouvoir Louis-Philippe Ier.
Sous la monarchie de juillet, le 01 mars 1831, le gouvernement nomme à la tête de l’Opéra, nouvellement baptisé Théâtre de l’Opéra, un directeur-entrepreneur, Louis-Désiré Véron.

Il va s’agir pour lui de répondre aux attentes de la bourgeoisie parisienne tout en gérant l’institution comme une entreprise commerciale.
On peut lire en effet dans ses mémoires, au moment où il dut se décider à diriger l’Opéra, les propos suivants : « la révolution de Juillet est le triomphe de la bourgeoisie : cette bourgeoisie victorieuse tiendra à trôner, à s’amuser ; l’Opéra deviendra son Versailles, elle y accourra en foule prendre la place des grands seigneurs de la cour exilés.»

Robert le Diable de Meyerbeer, joué sans interruption de 1831 à 1860, devient le plus grand succès de l’histoire de la salle Le Peletier, et les Huguenots, créés en 1836, seront le deuxième grand succès de l’institution de toute son histoire après le Faust de Charles Gounod (1869), puisqu'ils totaliseront plus de 1000 représentations avant l’entrée dans la Seconde Guerre mondiale.
Le Prophète (1849) et L'Africaine (1865) sont également dans les 10 premiers au cours de cette période.

Préalablement au succès des superproductions de Giacomo Meyerbeer, 5 autres ouvrages de Daniel-François-Esprit Auber font partie des réussites de l’Opéra avec La Muette : Le Philtre (1831) – ouvrage basé sur le même livret que l’Elixir d’Amour de Donizetti créé l’année d’après à La Scala -, Le Dieu et la Bayadère (1830), Le Serment ou les Faux-monnayeurs (1832), Gustave III ou le Bal masqué (1833), L'Enfant prodigue (1850). Et avec 28 représentations, Le lac des Fées (1839) se situe tout juste dans les 50 premiers titres de la salle.

En 1833, Louis-Désiré Véron passe ensuite commande à Fromental Halévy, ancien chef de chant aux Italiens devenu chef de chant à l’Opéra depuis 1829, d’un opéra en cinq actes sur un livret de Scribe.

Ce sera La Juive (1835), un portrait de l’intolérance religieuse aussi puissant que celui des Huguenots programmé l’année suivante. La Juive atteint les 550 représentations à la fin du XIXe siècle.

Halévy n’en reste pas à un tel triomphe, et 5 autres ouvrages, Guido et Ginevra ou la peste de Florence (1838), La Reine de Chypre (1841), Charles VI (1843), Le Juif errant (1852), La Magicienne (1858) vont faire partie des 40 grands succès de la salle Le Peletier.

Cependant, si Scribe est l’auteur de tous les livrets des succès de Meyerbeer et Auber, seuls La Juive, Guido et Ginevra et Le Juif errant sont de lui.

Véron disait d’ailleurs de lui : "Je ne crains pas de le dire ici, M. Scribe est de tous les auteurs dramatiques celui qui comprend le mieux l'opéra."

Eugène Scribe est enfin l’auteur des livrets des deux grands opéras de Donizetti, La Favorite (1840) et Dom Sébastien, roi du Portugal (1843), et, au total, plus de la moitié des représentations d’opéras entre 1821 et 1873, et même 8 des 10 œuvres les plus jouées, permettent d'entendre ses vers, ce qui en fait une figure centrale du théâtre lyrique au XIXe siècle.

Même si Véron ne reste directeur que jusqu’en 1835, le fait qu’il mise sur Auber, Rossini, Meyerbeer, Halevy et Scribe, conditionne fortement la programmation que ses successeurs, Duponchel, Pillet et Roqueplan, vont prolonger jusqu’à la crise de 1854 – crise qui sera fatale à la carrière de La Nonne Sanglante de Charles Gounod, et qui va aboutir à une reprise en main du Théâtre Impérial par le gouvernement du second Empire -.

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Les autres compositeurs de grands opéras français (Niedermeyer, Marliani, David, Poniatowski, Mermet, Verdi, Thomas)

D’autres compositeurs, Niedermeyer avec Stradella (1837), Marliani avec La Xacarilla (1839), David avec Herculanum (1859), Poniatowski avec Pierre de Médicis (1860), Mermet avec Roland de Roncevaux (1864), apportent leur pierre au grand opéra français, et obtiennent pour un temps la reconnaissance du public parisien.

Giuseppe Verdi arrive même par quatre fois, avec Jérusalem (1847) – adaptation française d’ I Lombardi alla prima crociata -, Les Vêpres siciliennes (1855), Le Trouvère (1857) – adaptation française d’Il Trovatore -, et Don Carlos (1867), à se faire reconnaitre dans le genre du grand opéra. Les deux premiers livrets sont de Scribe, mais seul Le Trouvère va dépasser les 200 représentations.

Enfin, Ambroise Thomas crée en 1868 Hamlet, un grand opéra dont la carrière va se prolonger jusqu’à l’approche de la Seconde Guerre mondiale pour plus de 350 représentations.


L’introduction du romantisme (Mozart, Donizetti, Weber, Gounod)

Afin de ne pas totalement décrocher du développement de l’opéra romantique italien et allemand qui gagne tous les théâtres concurrents, des ouvrages déjà anciens sont créés et adaptés aux goûts du public de la salle Le Peletier.

Don Giovanni, opéra de Mozart charnière avec l'époque romantique, fait son entrée le 10 mars 1834 dans l’adaptation française de Castil-Blaze, Don Juan, en version 5 actes, et Lucie de Lammermoor de Donizetti s’impose dès le 20 février 1846 pour plus de 240 représentations.

Après l’échec de Benvenuto Cellini en septembre 1838, Hector Berlioz obtient commande en 1841 pour monter en version française le Freischütz de Weber. Avec plus de 100 représentations, cet opéra se maintient au répertoire jusqu’à l’entre-deux guerres.

En revanche, l’échec retentissant de Tannhaüser en 1861 n’est que partie remise pour Richard Wagner, qui, trente ans plus tard, fera un retour triomphal au Palais Garnier avec Lohengrin.

L’appropriation du Faust de Charles Gounod créé au Théâtre Lyrique, et réarrangé pour sa création à la salle Le Peletier le 03 mars 1869, va devenir par la suite le plus grand succès de toute l’histoire de l’Opéra de Paris avec plus de 2500 représentations au début des années 2000.

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Plans et vues de la salle Le Peletier


La Concurrence des salles parisiennes

La programmation à la salle Le Peletier du genre dit 'noble' ne doit pas faire oublier le grand courant créatif qui s'empare des scènes concurrentes au même moment.

A L'Opéra Comique (Théâtre Feydeau) sont créées des œuvres de François-Adrien Boieldieu (La Dame Blanche), Le pré aux Clercs d'Herold, Le Chalet et Le Postillon de Lonjumeau d’Adolphe Adam, et Le Cheval de bronze et le Domino noir d’Auber.
Et c'est à la salle Favart II, louée pour l'occasion, que Berlioz crée La Damnation de Faust le 06 décembre 1846. L’œuvre est reprise le 20 décembre, mais le manque de public entraîne la ruine du compositeur.
Giacomo Meyerbeer présente également deux opéras comiques dans cette salle, L’Étoile du Nord (1854), à nouveau sur un livret de Scribe , et Le Pardon de Ploërmel (Dinorah) en 1859.

Au Théâtre des Italiens, Rossini monte le 19 juin 1825, Il Viaggio a Reims, et les premières parisiennes de Il barbiere di Siviglia (26 Octobre 1819), Otello (5 Juin 1821), et Tancredi (23 Avril 1822) y sont données également.
C'est dans ce théâtre, dorénavant installé salle Favart, que Bellini crée Les Puritains, le 25 janvier 1835, qui devient un immense succès populaire.
Stabat Mater, de Rossini, est créé en 1842 à la salle ventadour, et les œuvres populaires de Donizetti (Don Pasquale) et Verdi y sont régulièrement jouées - 3 ans après le scandale de sa création, La Traviata est montée aux Italiens, en 1856 -.

Enfin, depuis 1851, Le Théâtre Lyrique crée Si j’étais Roi d’Adolphe Adam (1852), Le Médecin Malgré lui (1858), Faust (1859) et Philémon et Baucis (1860) de Gounod .
Léon Carvalho, le directeur du théâtre depuis 1856, fait jouer les œuvres de Weber, Les Noces de Figaro et L’enlèvement au sérail de Mozart, Orphée de Gluck, Fidelio de Beethoven, tous en version française.
Puis on y entend des opéras italiens en version française, La Traviata, Rigoletto, Norma, et la version parisienne du Macbeth (1865) de Giuseppe Verdi.
C’est au cours de cette période faste que Les Pêcheurs de perles et La Jolie fille de Perth (Bizet), Les Troyens à Carthage (Berlioz), Mireille et Roméo et Juliette (Gounod) sont joués pour la première fois.
Enfin, la première française de Rienzi de Richard Wagner (1869) devient la production la plus importante des dernières années du Théâtre Lyrique.

Mais les Italiens ferment en 1871 à cause de cette concurrence, et la salle du Théâtre Lyrique est détruite la même année lors des combats de La Commune, deux ans avant que la salle Le Peletier ne soit emportée à son tour, dans la nuit du 29 octobre 1873, par un incendie qui va durer plus d’une journée.

La fin subite de ces théâtres survient ainsi à la fin d'une décade qui aura vu la disparition de tous les compositeurs et figures légendaires du Grand Opéra : Scribe en 1861, Halévy en 1862, Meyerbeer en 1864, Véron en 1867, Rossini en 1868, Berlioz en 1869, Auber en 1871.

Après un bref passage à la salle Ventadour, l’Opéra peut s’installer en janvier 1875 au Palais Garnier, monument initié sous le Second Empire, mais exploité au cours de la Troisième République.

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L'incendie de la salle Le Peletier le 29 octobre 1873

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Re: Le répertoire de l'Opéra de Paris sous la Restauration et le Second Empire

Message par JdeB » 15 juil. 2018, 09:24

Grétry n'est pas un compositeur parisien...Il est né à Liège.

Pour Armide de Gluck et ses reprises sous la Restauration tu aurais pu citer mon travail tout de même au lieu de rester dans le vague. :mrgreen:

Rossini n'est pas le précurseur de l'opéra historique mais plutôt Grétry avec Richard Coeur de Lion par exemple

Don Giovanni de Mozart n'est pas du tout un opéra romantique même s'il a pu être récupéré par les Romantiques

Il faudrait préciser aussi que lorsque Berlioz créée sa Damnation de Faust en décembre 1846 il loue la salle Favart pour 2 représentations (et c'est la ruine) et qu'il ne s'agit pas du tout d'une commande de cet Opéra ou de sa programmation au sens où on l'entend aujourd'hui.
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