Des serial spectateurs sur ODB ?

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lionrougeetblanc
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Re: Des serial spectateurs sur ODB ?

Message par lionrougeetblanc » 01 nov. 2017, 18:05

Ces échanges permettent d'aborder un sujet important, qui est celui de la manière dont notre conjoint - nos proches - notre famille partagent, ou non, notre passion, y sont, ou non, associés d'une manière ou d'une autre, considèrent d'un oeil complice (indifférent - ou exaspéré) le temps, l'argent, l'énergie passé (dépensés) - à vivre la haute tension des saisons lyriques.
Une passion renvoie toujours un peu ou beaucoup à une forme de soi qui peut étonner ou déranger l'entourage. La partager est certainement une chance ; mais est-ce le cas pour tous ? :roll:

srourours
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Re: Des serial spectateurs sur ODB ?

Message par srourours » 01 nov. 2017, 18:29

Mon propos ne visait absolument pas à déclencher une polémique. J'ai moi aussi eu la chance enfant et adolescent d'aller souvent au théâtre et à l'opéra avec mes parents. Nous allions à tout les opéras donnés au théâtre de Caen car nous habitions alors assez proches (120 kms aller-retour tout de même), et mes parents nous emmenaient religieusement tout les ans au TCE voir les Wiener Philarmoniker ou les Berliner. J'en garde des souvenirs merveilleux (les contes de PY, premiers émois adolescent, l'elixir d'amour dans la mes d'Omar Porras etc etc...). J'observe juste que depuis que j'ai un enfant, mes sorties se sont considérablement réduites...bon faut dire que je suis moi-même sur scène en moyenne 10 fois par mois...

faustin
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Re: Des serial spectateurs sur ODB ?

Message par faustin » 03 nov. 2017, 16:51

Les serial spectateurs. Ce que j'en disais en 2014
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Je vois que la question des serial spectateurs est de nouveau sur le tapis. Voyant cela, j'ai pensé exprimer mon point de vue et relater mon expérience, car le sujet me touche,ô combien. Je me suis rappelé que j'avais écrit sur la question et j'ai retrouvé l'intervention que j'avais pondue en 2014. J'en fais la copie. Depuis cette date, mon expérience s'est quelque peu enrichie et mon point de vue n'a pas changé,


(...)
<<Il était question de « hyper-spectateur ». Moi, en toute modestie, je me qualifierais de « serial-spectateur ». Ce que j'aime, ce n'est pas tellement voir un opéra mais le revoir, une fois, deux fois, trois fois etc. jusqu'à vingt.

C'est un virus que j'ai attrapé avec Les Troyens, Châtelet 2004, John eliot Gardiner Yannis Kokkos, avec Anna Catarina Antonacci, que je découvrais et Susan Graham, que je découvrais aussi. J'avais été tellement émerveillé par ce spectacle que j'ai souhaité le revoir et le revoir et c'est à cette occasion que j'ai découvert le bonheur de voir un opéra plein de fois. La première fois, pour moi, c'est du débrouillage. Il faut se battre avec l'intrigue, les personnages, repérer qui est qui, s'adapter aux partis pris de la mise en scène, les accepter tant bien que mal etc etc. Tout cela nuit terriblement à l 'écoute. La deuxième fois, c'est mieux, la troisième fois, encore mieux et ainsi de suite.

Quand on a la chance de revoir un opéra, c'est fantastique ce qu'on découvre, qui vous avait échapper la première fois, à tous les niveaux, livret, partition, interprétation, mise en scène, scénographie etc. En plus on a le temps d'étudier l'oeuvre, dans le Kaminski, par exemple et aussi dans l'avant-scène opéra . On peut se concentrer sur l'oeuvre, y réfléchir, s'en imprégner et en avoir une approche pas trop superficielle. Pour moi, pénétrer l'oeuvre en profondeur est un immense plaisir. On peut confronter ses impressions avec d'autres, notamment celles lues sur son forum favori. Si le spectacle n'est pas totalement plein, on peut faire du prosélytisme, y emmener parents et amis.

Pour voir/entendre les opéras plus d'une fois, il faut les voir dans la ville où on réside, pour des raisons sur lesquelles il n'est pas nécessaire de s'étendre.

Je me sens très favorisé par l'offre accessible dans la région parisienne, si abondante, si diversifiée et d'excellente qualité. Faire la connaissance de la quasi-totalité du répertoire en restant dans la région parisienne, c'est possible. Peu d'autres villes au monde offrent cette possibilité.


Mais je ne me sens pas trop coupé de ce qui se fait dans les villes de province et dans les autres pays. Si je ne voyage pas, les spectacles, eux, voyagent. Toutes ces coproductions qui tournent dans tous les sens, c'est comme un tourbillon.

Connaissez-vous le Théâtre Hélicon de Moscou. C'est un théâtre réputé iconoclaste, dirigé par Dmitri Bertman, j'ai vu de cette institution deux spectacles tout à fait exceptionnels à l'Opéra de Massy, Lady Macbeth de Mzensk et L'amour des trois oranges.

Au Théâtre des Champs Elysées, en juillet dernier, j'ai vu le Coq d'or de Rimski-Korsakov, dans une version inspirée de celle de la création du Théâtre Musical d'Etat Nataliea Sati de Moscou

Il y a quinze jours, j'ai eu l'immense plaisir de voir la reprise d'Artaserse de Nancy, donnée à l'Opéra Royal de Versailles.

Je ne peux pas énumérer ni même compter tous les spectacles qui viennent de Province, et de pays étrangers, Festival de Salzbourg, Londres (le fameux, l'inoubliable Werther), Zurich (Tétralogie, Fierabras) etc etc.

Grâce aux techniques modernes, je ne me sens pas trop coupé de ce qui se fait dans le monde entier. J'ai vu plus d'une vingtaine de retransmissions du MET. Je les ai vues avec intérêt mais seulement deux m'ont vraiment impressionné : Anna Bolena mise en scène David McVicar avec Anna Netrabko dans le rôle titre et Ildar Abdrazakov dans le rôle d'Enrico et Nixon in China mise en scène de Peter sellars, dirigé par le compositeur. Pour l'opéra, je ne suis donc pas particulièrement tenté de casser ma tire-lire pour aller à la Nouvelle York,

Il n'y a pas que les retransmissions, il y a les projections en salle où allez savoir pourquoi, seuls les plus de soixante ans se rendent. Je suis très assidu aux cycles organisés par l'excellent Christian Labrande à l'Auditorium du Louvre, j'essaye de n'en rien rater. On peut y découvrir de fabuleux documents d'archives, prodigieusement intéressants. Les meilleurs spectacles que j'ai eu la chance d'y voir, c'est Peter Grimes avec Jon Vickers dans le rôle titre et dans une mise en scène de Elijah Moshensky et Gianni Schicchi, mise en scène de Richard Jones avec Lucio Gallo dans le rôle titre. J'ai aussi beaucoup aimé Rake's progress dans une version du festival de Glyndebourne.

Le ciméma Le Balzac, aux Champs Elysées et le cinéma Arlequin, rue de Rennes présentent des projections d'opéras, cela m'a permis de voir Mefistofele de Boïto, et Lucrezia Borgia de Donizetti.

Comme vous voyez, j'arrive à survivre sans prendre le train ou l'avion. Mon regret, c'est de ne jamais avoir vu les belles salles de l'Italie, La Scala, Le San Carlo de Naples, le Regio de Parme et aussi la salle rococco de Cuvilliés à Munich. >>

Faustin

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Re: Des serial spectateurs sur ODB ?

Message par JdeB » 03 nov. 2017, 16:56

lionrougeetblanc a écrit :
01 nov. 2017, 18:05
Ces échanges permettent d'aborder un sujet important, qui est celui de la manière dont notre conjoint - nos proches - notre famille partagent, ou non, notre passion, y sont, ou non, associés d'une manière ou d'une autre, considèrent d'un oeil complice (indifférent - ou exaspéré) le temps, l'argent, l'énergie passé (dépensés) - à vivre la haute tension des saisons lyriques.
Une passion renvoie toujours un peu ou beaucoup à une forme de soi qui peut étonner ou déranger l'entourage. La partager est certainement une chance ; mais est-ce le cas pour tous ? :roll:
j'ai converti mes parents et je me suis marié avec une passionnée rencontrée à une sortie d'artistes au Châtelet (mais qui sort de moins en moins), nous n'avons pas d'enfants. Nous avons toujours été convaincus que si nous en avions, ils détesteraient l'opéra ! :lol:

Mes fils "adoptifs" ne connaissent rien à l'opéra et se consacrent au culturisme. Un d'entre eux, Arthur, me demande parfois par politesse et pour me faire plaisir "Et comment va l'opéra ?"

Je ne fréquente que des passionnés (d'opéra ou non)
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Re: Des serial spectateurs sur ODB ?

Message par valery » 03 nov. 2017, 18:29

En avril 1994, il me semble avoir assisté aux 5 représentations du Werther de Kraus à l'Opéra comique car je me disais que je n'entendrais plus jamais ça.
En décembre 2005, j'ai assisté à 6 Lucia : 4 fois la même, à Vienne, 1 à Linz, 1 à Bratislava.

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Re: Des serial spectateurs sur ODB ?

Message par lionrougeetblanc » 04 nov. 2017, 12:49

JdeB a écrit :
03 nov. 2017, 16:56
lionrougeetblanc a écrit :
01 nov. 2017, 18:05
Ces échanges permettent d'aborder un sujet important, qui est celui de la manière dont notre conjoint - nos proches - notre famille partagent, ou non, notre passion, y sont, ou non, associés d'une manière ou d'une autre, considèrent d'un oeil complice (indifférent - ou exaspéré) le temps, l'argent, l'énergie passé (dépensés) - à vivre la haute tension des saisons lyriques.
Une passion renvoie toujours un peu ou beaucoup à une forme de soi qui peut étonner ou déranger l'entourage. La partager est certainement une chance ; mais est-ce le cas pour tous ? :roll:
j'ai converti mes parents et je me suis marié avec une passionnée rencontrée à une sortie d'artistes au Châtelet (mais qui sort de moins en moins), nous n'avons pas d'enfants. Nous avons toujours été convaincus que si nous en avions, ils détesteraient l'opéra ! :lol:

Mes fils "adoptifs" ne connaissent rien à l'opéra et se consacrent au culturisme. Un d'entre eux, Arthur, me demande parfois par politesse et pour me faire plaisir "Et comment va l'opéra ?"

Je ne fréquente que des passionnés (d'opéra ou non)
C'est bien d'une forme de conversion qu'il peut s'agir, en effet. J'ai embarqué dans cette passion mon époux, qui ne peut plus guère se déplacer et préfère regarder ce qui passe sur Mezzo ou Arte, ma mère et une de mes soeurs, qui suivent avec intérêt ce que propose l'opéra de Lyon, mais aussi les Chorégies, et viennent une ou deux fois par an à Paris. Nous nous faisons régulièrement des journées opéra via DVD ou enregistrements et partageons beaucoup sur ce que les uns ou les autres avons pu voir ou écouter.
Partager est important pour moi, y compris sur des spectacles dont je sais pertinemment que je n'aurai jamais la possibilité ou le temps de les voir. :roll:

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