ROH-Covent Garden-2017-2018

Actualité, potins, débats.
Avatar du membre
HELENE ADAM
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 10192
Enregistré le : 26 sept. 2014, 18:27
Localisation : Paris
Contact :

Re: ROH-Covent Garden-2017-2018

Message par HELENE ADAM » 10 mars 2018, 15:43

Hiero von Stierkopf a écrit :
10 mars 2018, 15:34
Je trouve que Brandon Jovanovich est un excellent Sergueï.
Et puis il y a Eva-Maria Westbroek :coeur2:
Pas de problème, c'est un très bon ensemble. C'est pour cela que c'est mon seul déplacement au ROH depuis un moment (depuis les Vêpres en septembre, c'est dire !)... Mais, en plus ( :!: :!: :!: ) je suis fan de cet opéra...
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

Mon blog :
https://passionoperaheleneadam.blogspot.fr

Avatar du membre
HELENE ADAM
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 10192
Enregistré le : 26 sept. 2014, 18:27
Localisation : Paris
Contact :

Re: ROH-Covent Garden-2017-2018

Message par HELENE ADAM » 11 mars 2018, 20:04

paco a écrit :
09 mars 2018, 19:05
HELENE ADAM a écrit :
09 mars 2018, 18:08
Est ce que quelqu'un a vu la nouvelle production de Carmen? Qu'est-ce qui se dit ?
J'ai passé mon tour malgré Arquez (que j'imagine fantastique dans ce rôle) et Caré (que j'aime beaucoup) tant les avis sur le blog du ROH sont presque unanimement négatifs (avec un paquet d'internautes qui disent être partis à l'entracte, pour Carmen c'est tout de même assez exceptionnel 8O ), la presse UK n'étant pas beaucoup plus tendre (ça va du correct au mauvais). Ce qui m'a fait fuir, c'est quand j'ai lu que les gens s'ennuient car Korsky a entièrement gommé la tension entre les personnages, il n'y a plus de passion, or c'est selon moi quand même l'ADN de l'oeuvre... Le principe du décor unique est aussi critiqué (un grand escalier noir), dans une oeuvre où la variation des climats musicaux est tout de même une caractéristique forte.
Apparemment le tout se résume à un Musical plaisant, vraisemblablement bien préparé, mais ce n'est pas Carmen... Bref, j'ai préféré revendre ma place (facilement car c'est complet quasiment tous les soirs).
A l'écoute de la retransmission proposée par la BBC avec l'autre distribution ( Anna Goryachova et Francesco Meli) c'est assez pénible en tous cas : récitatifs genre 'Carmen en audio description+précisions pour les nuls" qui s'introduisent entre chaque bout d'action, bruitages parasites qui doivent avoir un rapport avec la mise en scène (?) avec rires tonitruants et grossiers... Comme les interprètes sont très moyens, et le chef d'une mollesse criminel pour un opéra de cette qualité dynamique intrinsèque, je n'ai guère été convaincue...

Pour les curieux :
https://www.bbc.co.uk/programmes/b09v5b3m
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

Mon blog :
https://passionoperaheleneadam.blogspot.fr

Avatar du membre
Egisthe
Mezzo Soprano
Mezzo Soprano
Messages : 162
Enregistré le : 09 sept. 2012, 23:00
Localisation : Paris

Re: ROH-Covent Garden-2017-2018

Message par Egisthe » 16 mars 2018, 12:11

paco a écrit :
10 mars 2018, 15:33
Sinon, concernant Korsky, oui moi aussi j'adore d'habitude, mais là déjà le teasing du ROH m'avait alerté et les réactions presque unanimes confirment que Carmen n'est pas son univers. Je pense qu'il s'est un peu trop dit "Bizet c'est de l'opérette et Carmen c'est de l'Espagne et son folklore" et il en a rajouté dans le genre Musical déjanté hispanisant, ce qui n'est pas du tout l'essence de cet opéra. Et puis rien qu'en voyant les photos du décor on devine qu'avec cet immense escalier vertical la direction d'acteurs doit être inexistante (impossible de bouger sans se fouler une cheville...).
Je dois être le seul Odbien du coup, à avoir assisté à cette Carmen, la semaine dernière à la ROH. C'était la dernière représentation avec Goryachova et Meli, donc celle retransmise par la BBC et dans les cinémas, la même dont a parlé Hélène. Je n'avais quasiment aucun son de cloche avant d'y aller hormis paco, et je confirme en grande partie les remarques qui ont été faites.

Effectivement, j'ai été très déçu par ce spectacle dont la bande-annonce m'avait intrigué. "Ennui, tension gommée, plus de passion", évidemment car comme l'a évoqué Hélène, toutes les scènes parlées ont été supprimées au profit d'une voix off qui est celle de Carmen qui devient la narratrice de l'action. Une voix enregistrée qui contrairement à ce que je pensais n'était pas celle de Goryachova, car enregistrée pour la création du spectacle à Francfort en 2016 d'un ton lancinant et dans un français loin d'être irréprochable. Pas étonnant que l'on s'ennuie. Autour de moi, les spectateurs n'ont pas arrêté de soupirer. Certains sont partis à l'entracte, d'autres pendant le spectacle et ont même manifesté leur mécontentement bien fort en tapant des sabots sur le parquet pour gagner la sortie (surprenant de la part d'un public Anglais). J'avais du mal à être intéressé par ces longs monologues soporifiques bien que francophone, je n'ose pas imaginer ce que ça a dû être pour ceux qui devaient se contenter uniquement des surtitres. Certains déploraient récemment que l'on puisse s'ennuyer pour La Bohème à Bastille, c'est maintenant chose faite pour Carmen avec cette production.

La première intervention après la première partie du prélude fonctionne plutôt bien avec un portrait très sensuel et coquin du corps féminin qui fait sourire voire rire la salle et pose d'emblée la force de séduction de Carmen, pour l'occasion vêtue de l'habit de lumière des toreros qui lui confère une belle androgynie que l'on retrouvera à plusieurs reprises selon ses différents costumes. A noter que Kosky voit en Carmen une soeur de Lulu et de la Belle-Hélène. Mais l'énorme problème vient du fait que passées l'originalité et la relative pertinence du procédé en début de soirée, les deuxième et troisième actes paraissent interminables et ennuyeux, la voix off n'étant qu'un jonglage permanent entre discours direct, indirect, indirect libre et narrativisé à partir des dialogues originaux. Rien de plus ! Dans ces conditions, l'incarnation est sévèrement amputée chez les chanteurs, privés d'une partie élémentaire de leur rôle. Alors oui, on sent que le public s'ennuie, mais on imagine aussi la frustration que ça a pu être pour les chanteurs de ne pas pouvoir interpréter leur rôle en intégralité. L'énergie et l'engagement des chanteurs s'en ressentent. Et malgré une distribution qui aurait pu faire valoir de forts beaux moments, à aucun moment la magie n'opère. C'est fort dommage, et on ne retiendra pas grand-chose de chacun, même de Goryachova pourtant omniprésente sur le plateau.

Certains rôles passent totalement à la trappe et sont réduits à de la pure utilité/figuration vocale comme Zuniga ou Dancaïre et Remendado, les deux seuls francophones de la distribution (Pierre Doyen et Jean-Paul Fouchécourt dont on regrette de ne pouvoir goûter l'abattage et la truculence). En revanche, d'autres sont un peu mieux servis comme Moralès qui se fait remarquer scéniquement grâce à ses couplets avec chœur et pantomime réhabilités au premier acte. Même chose dans une moindre mesure pour Frasquita et Mercédès interprétées par deux jeunes chanteuses du JP Young Artists Programme de la ROH, pleines d'énergie et d'engagement, elles aussi très sollicitées scéniquement et chorégraphiquement.

La chorégraphie justement, est le point fort du spectacle malgré le côté Broadway parfois un peu trop inutilement appuyé. On bascule alors dans une certaine vulgarité cheap , mais on apprécie malgré tout que les corps s'animent avec autant de vivacité et d'énergie sur toutes ces mélodies qui paraissent particulièrement entraînantes ("Avec la garde montante", "Nous avons en tête une affaire", "Les voici, les voici", très réussis en tous points).

Pour répondre à paco, on a effectivement ce côté "Musical déjanté", mais fort peu hispanisant. Kosky a à mon avis bien compris que Carmen avait plus à voir avec la France qu'avec l'Espagne, seul subsiste l'habit de lumière d'Escamillo. Autrement, pas vraiment de références à ce folklore-là.

Concernant le grand escalier (qui n'est pas que noir) faisant office de décor unique, il n'est en rien un frein à la direction d'acteurs, les solistes évoluant souvent à l'avant-scène. En revanche, là où il est très gênant est quand il est dévalé à toute vitesse à chaque entrée et sortie des chœurs qui rendent l'orchestre quasi-inaudible. A propos du chœur de la maison, il a été àmha le grand triomphateur de la soirée. J'ai été très frappé par la qualité de sa diction française, son énergie et sa précision exemplaires. Très belle homogénéité des pupitres en particulier chez les hommes, et enfin une grande pertinence de style (comparable aux représentations dirigées par Gardiner à l'Opéra Comique).

Concernant les interprètes principaux, on se prend à penser que Don José et Micaëla pourraient triompher aux saluts après quelques beaux moments lors de leur duo au premier acte, mais l'espoir ne dure pas. Francesco Meli qui possède d'immenses qualités dans le répertoire italien paraît finalement à côté de ses pompes après son air du II où il enfile des perles, fait entendre des voyelles tout sauf françaises et déraille sur les deux derniers aigus. Dommage, j'attendais mieux de cet artiste qui n'en est pas à son premier Don José.

La Micaëla de Kristina Mkhitaryan possède une voix soyeuse, suffisament corsée et un timbre clair et séduisant que vient malheureusement ternir un vibrato quelque peu préoccupant pour une artiste si jeune. La direction d'acteur semble avoir été réduite au strict minimum la concernant.

La Carmen de Goryachova a été inégale d'un acte à l'autre, assumant des graves tantôt riches et sonores, tantôt détimbrés et couverts par l'orchestre. La présence scénique intrigue, mais difficile de dire dans ce contexte si Carmen est vraiment un rôle pour elle.

Enfin, le quatrième acte regagne en tension n'étant pas interrompu par la bande sonore. Dernière image qui finit d'enfoncer le clou : Carmen se relève (jusque-là classique) avant d'afficher un large sourire les bras écartés. :? (Ah mais oui, c'est un opéra-comique, suis-je bête...)

paco
Basse
Basse
Messages : 8450
Enregistré le : 23 mars 2006, 00:00

Re: ROH-Covent Garden-2017-2018

Message par paco » 16 mars 2018, 14:07

Merci pour le CR ! Bon, pas de regrets donc... Espérons que la production ne sera pas archivée pour de futures reprises, je crains une décennie de Carmen (un opéra que le ROH reprend en moyenne une saison sur deux) dans cette réalisation-là...

Avatar du membre
micaela
Basse
Basse
Messages : 3245
Enregistré le : 16 juil. 2015, 17:24
Localisation : paris

Re: ROH-Covent Garden-2017-2018

Message par micaela » 16 mars 2018, 16:44

Le remplacement des passages parlés par une voix off est une fausse bonne idée (pour les raisons que tu dis -au fait, tant qu'à faire, pourquoi ne pas faire comme pour le Pacha de l'Enlèvement au sérail, et prendre un comédien à l'aise dans la langue?) , mais aussi parce que, si c'est pour faire référence à Mérimée, c'est une autre fausse bonne idée : l'adaptation n'est pas hyper-fidèle, et le narrateur chez Mérimée, c'est José (voire l'auteur, la nouvelle commençant par la rencontre de l'auteur avec José -en bandit de grand chemine, et non en "simple" contrebandier, pour enchaïner , une fois José arrêté, sur le récit par celui-ci de comment il en est arrivé là). Ca ne gêne pourtant pas lcertains metteurs en scène de faire des mises en abyme en faisant intervenir l'auteur de l'œuvre...
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

Efemere
Basse
Basse
Messages : 2052
Enregistré le : 11 mars 2014, 14:04
Localisation : Paris

Re: ROH-Covent Garden-2017-2018

Message par Efemere » 22 mars 2018, 04:00

Pour la nouvelle production De la Maison des morts (8–24 mars), m.e.s. par K. Warlikowski, je me contente de mettre quelques photos des saluts de la séance du 19 mars.

Image


À l'attention de ceux qui iront voir le spectacle à La Monnaie (6 nov.–17 nov. 2018) ou à l'Opéra de Lyon (21 jan.–2 fév. 2019) : éviter, si possible, les sièges trop à gauche – quitte à choisir la droite si on ne peut obtenir le centre ou une place latérale de trois quarts, car pas mal de choses, surtout au début, se passent sur le côté jardin de la scène.

paco
Basse
Basse
Messages : 8450
Enregistré le : 23 mars 2006, 00:00

Re: ROH-Covent Garden-2017-2018

Message par paco » 22 mars 2018, 19:20

En effet, les commentaires des spectateurs sur le blog du ROH sont globalement négatifs en raison du fait que, pour ceux situés à gauche, on ne voit quasiment rien. Par ailleurs, je ne sais pas ce que tu as pensé du spectacle, mais la critique UK semble très partagée, ça ne respire pas l'enthousiasme, du coup cela ne m'a pas tellement donné envie d'y aller...

Avatar du membre
Hiero von Stierkopf
Baryton
Baryton
Messages : 1524
Enregistré le : 10 avr. 2016, 16:47
Localisation : Gross-Paris

Re: ROH-Covent Garden-2017-2018

Message par Hiero von Stierkopf » 23 mars 2018, 09:11

Anna Netrebko a chanté hier à la générale de Macbeth.
La première aura lieu dimanche 25.
Comment ça, merde alors ?! But alors you are French ?

Efemere
Basse
Basse
Messages : 2052
Enregistré le : 11 mars 2014, 14:04
Localisation : Paris

Re: ROH-Covent Garden-2017-2018

Message par Efemere » 23 mars 2018, 17:43

paco a écrit :
22 mars 2018, 19:20
En effet, les commentaires des spectateurs sur le blog du ROH sont globalement négatifs en raison du fait que, pour ceux situés à gauche, on ne voit quasiment rien. Par ailleurs, je ne sais pas ce que tu as pensé du spectacle, mais la critique UK semble très partagée, ça ne respire pas l'enthousiasme, du coup cela ne m'a pas tellement donné envie d'y aller...

Gros points positifs pour moi : la distribution, incluant M. Wigglesworth (bien que j'aie trouvé sa direction un poil trop « lisse », avec pas assez d'accents « âpres »), et une direction d'acteur tirée au cordeau.

Ce que j'ai moins apprécié : un affadissement de l'atmosphère du goulag ou bagne (que j'imaginais plus oppressante), avec une scénographie faisant penser à une prison américaine (je me serais presque crue dans The Shawshank Redemption de F. Darabont – et encore, le pénitencier de Shawshank faisait plus brutal).

Gobalement, j'ai bien aimé la production, que je ne considère toutefois pas comme un spectacle-choc. Donc pas d'enthousiasme chez moi non plus.

Avatar du membre
micaela
Basse
Basse
Messages : 3245
Enregistré le : 16 juil. 2015, 17:24
Localisation : paris

Re: ROH-Covent Garden-2017-2018

Message par micaela » 23 mars 2018, 18:11

Pas faux. La prison du film de Darabont faisait d'ailleurs penser à celle du film de Siegel, L'évadé d'Alcatraz (et ces deux films renvoient à d'autres "films de prison", un genre à part entière dans le cinéma américain) . Les photos donnent l'impression que la mise en scène est sous influence de ce cinéma-là.
Bien que stylisée et située à une époque relativement récente, la mise en scène de Chéreau me semble plus proche, dans l'esprit, de ce que pouvait être un bagne sibérien du XIXème siècle (il se trouve que je suis en train de lire l'œuvre de Dostoïevski).
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 33 invités