Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /home/operadmin/public_html/header.php:32) in /home/operadmin/public_html/modules/Forums/includes/page_header.php on line 60 ODB opéra :: Voir le sujet - Destouches - Le Carnaval et la Folie - Fest d'Ambronay 2007
Inscrit le: Mar 08, 2003 Messages: 2064 Localisation: Ubi est JdeB ...
Posté le: 12/Oct/2007 18:16 Sujet du message: Destouches - Le Carnaval et la Folie - Fest d'Ambronay 2007
André Cardinal Destouches, Le Carnaval et la Folie.
La Folie - Mélodie Ruvio
Carnaval – Paul-Henry Villa
Momus – Marduk Serrano Lopez
Plutus – Reinoudh Van Mechelen
Jeunesse – Emmanuelle de Negri
Jupiter – Arnaud Capril
Vénus – Marion Tassou
Le Professeur de Folie – Enrique Alberto Martinez Rivero
Un Poète – Sorin Dimitrascu
Un Musicien – Daniel Cabena
Chef des Matelots – Marc-André Pronovost
Chœur et Orchestre de l’Académie baroque européenne d’Ambronay
Hervé Niquet, direction
Jacques Osinski, mise en scène
Marie Geneviève Massé, chorégraphie
Christophe Ouvrard, Lumières
Sabrina Delarue, assistante à la mise en scène
Olivier Collin, assistant à la chorégraphie
Agnès Marillier et Anne-Marie Fensie, assistantes costumes
Dieux-sses (prononciation restituée oblige) que voici de la plaisante ouvrage ! Pour sa 14e Académie baroque, le Festival d’Ambronay exhumait une jolie pépite musicale, gironde à souhait, pleine de malice apparente et de sérieux aussi, sous ses oripeaux de Carnaval. De Carnaval, on va beaucoup parler tout au long de cette comédie-ballet, à défaut de le montrer, le metteur en scène Jacques Osinski (qui succède à Laurent Pelly au CDN des Alpes), s’étant refusé à tomber dans l’évidence et préférant aux masques et à la gaîté débridée, montrer la face plus obscure de Carnaval, celui qui renverse sournoisement l’ordre établi, avant que de le remettre à l’endroit... celui-là même, plus ambigu, qu'Houdar de la Motte, le librettiste, a si bien exhumé sous les affûtiaux Erasmiens.
Comme le précise le Dictionnaire dramatique (1776) de Joseph de Laporte et Sébastien-Roch-Nicolas Chamfort :
« CARNAVAL ET LA FOLIE (le) ,Comédie-Ballet, avec un Prologue , par la Motte, musique de Destouches , 1704. Le sujet du Prologue est le Festin des Dieux. Le Ballet en quatre Actes, représente les Amours & le Mariage du Carnaval avec la Folie, l'un & l'autre personnifiés. Cette idée est tirée de l'Éloge de la Folie d'Erasme. »
L’intrigue ? Elle est trompeusement simple. Carnaval aime Folie, fille de Jeunesse et de Plutus, le dieu des richesses. Folie, fidèle à elle-même, refuse l’hymen promis, dès le consentement parental accordé. Carnaval, dépité, est empêché de quitter l’Ile de la Folie, par le fait d'une tempête déchaînée par Neptune (sur la demande d'icelle). Momus, qui s'est mis au service de Carnaval (après avoir été expulsé de l'Olympe) annonce à Folie que Carnaval ne l'aime plus et l'a oubliée, comme elle le lui avait intimé. Elle se désespère avant d'être distraite de ses chagrins par sa suite, qui lui présente un professeur de folie (italien). Momus, qui s'est emparé de sa marotte, qu'elle a jeté au loin de rage, se sert de ce trophée pour faire accroire à Carnaval qu'il est le nouvel amant de Folie. Carnaval, fou furieux, fait appel aux vents d'hiver pour ravager l'île fortunée. Folie a alors la preuve de l'amour de son soupirant ; les deux amant se disputent, mais la fureur de Jeunesse et Plutus devant les ravages causés à leur palais conduit alors Folie à accorder sa main à Carnaval. Vénus et Jupiter descendent de l'Olympe mettre tout le monde d'accord. Divertissement final.
Comme les oeuvres précédentes d' André-Cardinal Destouches, Issé, Amadis, Marthésie, et Omphale, le Carnaval et la Folie, fut donnée en avant-première à la Cour, avant que de gagner Paris. Cependant Louis XIV n'y assista pas, se désintéressant alors de ces divertissements qu'il avait pourtant tant aimés. Ce fut la cour d'Angleterre en exil qui eut la primeur du spectacle, donné en « version de concert » à Fontainebleau.
La comédie-ballet fut par la suite représentée à l'Académie royale de musique, le 3 janvier 1704.
Dans la distribution, on trouvait : Cochereau (Plutus), Mlle Armand (La Jeunesse / Vénus dans le Prologue), Mlle Maupin (La Folie), Thévenard (Le Carnaval), Dun (Momus), Boutelou (Un Professeur de Folie / Mercure dans le Prologue), Mlle Poussin (Un Musicien), Mantienne (Un Poète), Desvoyes (Le Chef des Matelots), Hardouin (Jupiter) et Mlle Bataille (Vénus).
Le succès éclatant poussa à de nombreuses reprises en 1719, 1730, 1731, 1738, 1739, 1748 et 1755.
La comédie-ballet fut également reprise à Lyon en 1730.
La version présentée par l'Académie baroque européenne d'Ambronay tire son fondement du livret de 1738.
Lors de la série de représentations parisiennes qui commença le 13 juillet 1730, Mlle Pélissier -qui reprenait le rôle de La Folie- défraya la chronique par ses magnificences scéniques. Castil-Blaze, dans son Molière Musicien, (Paris, 1852) relate ainsi l'affaire :
« Après la mort de Mlle Lecouvreur, en 1730, on vendit les costumes, les bijoux de cette grande tragédienne ; et Mlle Pélissier, actrice de l'Académie royale de Musique, en fit l'acquisition en bloc au prix de quarante mille écus. La grande, forte et belle Pélissier se hâta de montrer au public sa nouvelle et scintillante garde-robe, et les parures assortissantes, en faisant, chaque jour, endosser un nouveau costume au personnage de la Folie, qu'elle représentait dans le Carnaval et la Folie, de La Motte et Destouches, opéra-ballet remis en scène pour la quatrième fois. Sans quitter sa marotte et ses grelots, dame Folie parut tour à tour avec les habits de Jocaste, de Marianne, de Chimène, de Roxane, de Pauline, de Célimène, d'Agathe ou d'Elvire, à la grande satisfaction du public émerveillé, palpitant de joie, ébloui par 60,000 écus de diamants, que cette gracieuse et brillante Folie étalait, secouait tous les soirs avec ses grelots. La revue diatonique de ces costumes produisit une infinité d'excellentes recettes ; et nul au monde ne s'avisa de réclamer contre une aussi burlesque exhibition »
Le « divertissement du Professeur de Folie » (III, 4) se tailla un franc succès, ce qui lui valut d'être intégré dans des oeuvres autonomes ; en fin des Fêtes de l'Amour et de Bacchus, en 1706-avec Mlle Poussin (La Folie), Boutelou (Le Professeur de Folie), Mantienne (Un Poète). Cet extrait tint également lieu de deuxième acte pour de Nouveaux fragments en septembre 1706, tout comme en 1711, il fut à nouveau inséré dans des Fragments.
Dernière preuve de ce triomphe durable, la parodie de 1719 intitulée La Rupture du Carnaval & de la Folie (Parodie en un acte de la Comédie-Ballet du Carnaval & la Folie, 1719) de Fuzelier, publiée dans Les Parodies du Nouveau Théâtre Italien, tome second, Paris, 1798.
Et celle de Folette ou l’Enfant gâtée, Parodie du Carnaval et la folie, en un actes tout en vaudevilles. (Paris, 1755) écrite par Jean-Joseph Vadé (1720-1757) donnée lors de la dernière reprise.
Ce succès n'a rien qui étonne. Ce divertissement réjouissant marque un jalon important dans l'histoire du genre, car c'est la première comédie en musique réalisée. Elle ouvrit la voie au Platée de Rameau... et enchanta durablement les contemporains, comme en témoigne cette mention dans un ouvrage de D’Alembert, lequel entreprend un Eloge de la Motte, malgré quelques réserves de principe :
« [...] La Motte eut l'avantage de réunir ces qualités. Il en eut un plus grand encore : c'est d'avoir été à l'Opéra le créateur de trois genres ; celui du ballet dans l’Europe galante (car les ballets de Quinault, si supérieur dans les tragédies lyriques, étaient au-dessous du médiocre), celui de la pastorale dans Issé où respire cette sensibilité douce et recueillie, si propre à ce genre d'ouvrage ; enfin celui de la comédie-ballet, dans le Carnaval et la Folie. On peut, il est vrai, critiquer cette dernière pièce, car le Carnaval y est toujours de mauvaise humeur, et la folie, dont la gaieté le désespère, y est supposée fille du dieu des richesses, qui ne doit guère engendrer qu'une folie triste ; mais si le sujet de l'opéra prête à la censure, du moins les détails de scènes sont pleins de cette finesse ingénieuse que l’auteur savait mettre dans tous ses ouvrages. […] »
L'ingéniosité et la finesse du livret de « La Motte » (Antoine Houdar de La Motte, 1672 - 1731) déplut néanmoins à plus d'un grincheux. Rousseau, dont on connaît les récriminations atrabilaires sur tout ce qui touche à la musique française, répandit son fiel sur la comédie-ballet, dans La nouvelle Héloise :
« Non contens d'introduire la danse comme partie essentielle de la scène lyrique, ils se sont même efforcés d'en faire quelquefois le sujet principal, et ils ont des opéras appelés ballets, qui remplissent si mal leur titre, que la danse n'y est pas moins déplacée que dans tous les autres. La plupart de ces ballets forment autant de sujets séparés que d'actes, et ces sujets sont liés entre eux par de certaines relations métaphysiques dont le spectateur ne se douteroit jamais, si l'auteur n'avoit soin de l'en avertir dans un prologue. Les saisons, les âges, les sens, les élémens ; je demande quel rapport ont tous ces titres à la danse, et ce qu'ils peuvent offrir en ce genre à l'imagination. Quelques-uns même sont purement allégoriques, comme le carnaval et la folie; et ce sont les plus insupportables de tous, parce que, avec beaucoup d'esprit et de finesse, ils n'ont ni sentimens, ni tableaux, ni situations, ni chaleur, ni intérêt, ni rien de tout ce qui peut donner prise a la musique, flatter le cœur et nourrir l'illusion. Dans ces prétendus ballets , l'action se passe toujours en chant, la danse interrompt toujours l'action, ou ne s'y trouve que par occasion, et n'imite rien. Tout ce qu'il arrive, c'est que ces ballets ayant encore moins d'intérêt que les tragédies, cette interruption y est moins remarquée; s'ils étoient moins froids, on en seroit plus choqué : mais un défaut couvre l'autre, et l'art des auteurs pour empêcher que la danse ne lasse est de faire en sorte que la pièce ennuie. [...] »
(Deuxième partie : Lettre XXIII, « De l’amant de Julie à Mme d’Orbe ».)
Ce point de vue est renchéri par Jean-François de La Harpe (1739-1803), dans le chapitre VI de son Cours de littérature ancienne et moderne (1799)(« De l’opéra - Section première, Danchet, La Motte ») :
« Ce n'est pas la peine de parler de deux opéras- ballets , la Vénitienne et le Carnaval et la Folie, quoique La Motte , dans un avertissement, dise du dernier, je ne sais pourquoi, que c'est ce qu'il a fait de plus raisonnable. Je ne comprends rien à cette prétention, si ce n'est l'envie d'en mettre à tout, et c'était un peu le défaut de La Motte: la prétention est ici fort mal placée; ces deux pièces ne sont que des canevas de fort mauvais goût. Vous voyez que, même dans le grand opéra, cet auteur, malgré ses succès, n'a pu jusqu'ici être quelque chose qu'à l'aide de la représentation et de la musique, et ne conserve presque rien à la lecture. [...] »
Il faut s'inscrire en faux dans ces assertions qui ne prennent pas en compte l'ingéniosité du librettiste à cacher soigneusement tout ce qui aurait pu passer comme trop critique au yeux d'une censure royale tatillonne, par de l'ironie sous-jacente et des effets d'échos qui renvoient non seulement à un ouvrage longtemps considéré comme sulfureux (L'Eloge de la Folie d'Erasme, aux relents réformistes, passa officiellement en France sous le patronage de Colbert, en 1676), mais aux préoccupations de certains du public d'alors, friand de réformes intérieures.
Il est vrai que pour miner plus commodément l'ordre établi, le livret opère des déplacements : c'est à Momus que la fonction critique revient principalement, ce Dieu courtisan expulsé de l'Olympe pour avoir dit clairement que le roi (des Dieux) était « nu ». Ce qu'il enlève à la Folie érasmienne, la Folie d'Houdar de la Motte le retrouve par des allusions subversives : par sa présence, elle opère un renversement par rapport aux comédies habituelles en se refusant au mariage parce que ses parents l'approuvent (d'habitude le couple d'amants se bat pour obtenir le consentement parental). Elle tient « le soin du monde » (« Abandonnons le soin du Monde , / A la triste Raison livrons tous les Mortels / Déchirons, déchirons le Voile salutaire / Qu'au devant de leurs yeux je déployais toujours. » (III, 2).... alors que, Momus, le précise à Jupiter dans le Prologue, « Aimez, il est un Roi qui prend le soin du monde, / Jouissez d'un loisir qu'un mortel vous a fait » ! Tout comme elle se réfugie auprès des Artistes (Poésie, Danse et Musique, les trois mamelles de l'Académie royale de musique !), pour dompter son spleen, mais ses consolateurs sont Italiens, ce qui ne manque pas de saveur dans les querelles musicales du temps !
Par ailleurs, la Folie se livre à des caprices d'enfant gâtée : elle contredit et rabroue ses parents, s'endort quand on tente de la persuader, abandonne sa douleur par crainte des rides causés par les pleurs, jette son sceptre (sa marotte de Fou, dont s'empare Momus, rejoignant ainsi son iconographie habituelle)...
Par ses actions, Folie pervertit toute la structure de la pièce, qui se bâtit ainsi par échos concentriques. (« Qu'en ces lieux ici chacun chante / que l'Echo chante avec nous » (III,3)). A l'expulsion de Momus au Prologue (acte d'autorité royale) répond celui de Plutus et Jeunesse par leur fille. A l'adultère revendiqué de Jupiter, la constance conjugale des parents de Folie. Au tempêtes maritimes suscitées par Folie, les vents destructeurs provoqués par son Amant éconduit. A l'éloignement (impossible) de l'un, la recherche d'oubli de la cruelle. Etc...
La part de Carnaval semble donc bien peu congrue, dans un scénario où il apparaît plus comme une pièce rapportée... Absent du texte d'Erasme, personnage semble-t-il de circonstance au vu du calendrier des représentations, il est sans doute une figuration du peuple, comme l'avance Michel Nafi... ce qui ouvre de fort intéressantes perspectives.
La mise en scène s'inscrit dans ce classicisme apparent : loin d'un débordement (que l'on retrouvera plutôt au cours des versions de concert du spectacle, durant la tournée), elle joue sur les dislocations de la Raison, sur les reflets, les transparences et les opacités qui envahissent le plateau au fur et à mesure de l'action. C'est que ce Palais est rongé par l'illusion, qui gagne, reflétant l'instabilité des personnages qui sortent littéralement du cadre. L'antichambre sage se fait fuite parallèle, au gré du morcellement du tableau mural, qui renvoie l'effarement du spectateur.
De même, les fort jolis costumes de Christophe Ouvrard qui mêlent allègrement, en une anamorphose poétique, les réfractions de planches d'une marchande à la toilette, contribuent à ce tourbillonnement scénique.
Les chorégraphies baroques de Marie-Geneviève Massé s'inscrivent sans peine dans cet univers faussement corseté, se glissent avec élégance, naturel et fluidité dans cet espace ménagé par la musique, quand la parole se fait rare et fuit sur un autre plan, celui du geste.
La distribution du 12 octobre permettait de découvrir la Folie de Mélodie Ruvio qui impressionne tant par son riche mezzo coloré, que par un style quasiment irréprochable et une forte présence scénique. Cette jeune femme qui travaille au Jeune Choeur de Paris est une voix à suivre... Elle fait de sa Folie, non pas une adolescente capricieuse, mais une allégorie plus tourmentée, qui recèle des zones d'ombre, mais dont les revirements conservent la charge comique désirée par compositeur et librettiste. Comme son « Moy. » tout en délectation gourmande en réponse au « Quel autre peut encor me nuire ? » de l'innocent Carnaval, l'ébahissement furtif qui passe sur son visage aux consolations de sa suite (III, 3).
On reste en revanche sur sa faim en ce qui concerne les deux autres principaux protagonistes : Si Paul-Henry Villa (Carnaval) rend à merveille le côté bougon et rustre d'un fêtard plongé dans la bouteille, il peine en revanche à suivre les méandres des ruisseaux qui soulignent l'échappée pastorale du « Tu vois, parmi les fleurs, cette eau suivre son cours.. » (IV, 2), qui rend le personnage touchant au milieu de sa rage jalouse. Faut-il mettre les nombreux détimbrages sur le compte d'une recherche d'effets d'ébriété du personnage ?
Quant à Momus, Marduk Serrano Lopez a choisi de composer un Dieu tout en ironie fine, plus qu'en charge plus imposante, ce qui nuit par moments à la présence du marionnettiste de la fable. Mais la fragilité apparente de l'interprète se met au service du bretteur qui finit par botter en touche et emporter le dernier mot.
On a suffisamment témoigné ici et là des talents protéiformes d'Emmanuelle de Negri pour ne pas s'étonner qu'elle fasse du rôle un peu anecdotique de la Jeunesse un frais moment, où l'aisance vocale le dispute à une douce autorité tout à l'écoute de ses protagonistes (l'échange de regards entre Jeunesse et Folie à la scène 4 du premier Acte vaut tous les discours du monde...). Son entrée, le divertissement qui s'ensuit, ainsi que le très joli duo amoureux avec son Plutus d'époux (Reinoudh Van Mechelen, un peu effacé devant si altière moitié) sont les sommets de ce premier Acte.
Faut -il blâmer un remplacement de dernière minute de Marc Callahan ? Le Jupiter d'Arnaud Capril était peu tonnant et mal assuré (à moins qu'il ne souffrit d'une indigestion de plaisirs suite au festin du Prologue, demeuré dans les limbes du livret imprimé...). Mais il se reprit vite pour accompagner la Vénus corusquante de Marion Tassou, dans ses envolées finales, où la voix fruitée de la Déesse de l'Amour fit merveille.
Le « divertissement de Folie » tant attendu était ordonné par un professeur (Enrique Alberto Martinez Rivero) à l'italien assez peu idiomatique, mais dont la charge comique faisait oublier ce défaut, et dont la présence glissante rappelait ironiquement les saillies françaises de l'époque sur la colonie musicale italienne. Il était secondé dans sa tâche par des élèves subtilement mal dégrossis. Tant le Poète (Sorin Dimitrascu) que le musicien (Daniel Cabena) s'évertuèrent à rater leur leçon, pour le plus grand plaisir de l'auditoire.
Dans un poste plus périlleux au sortir de l'orage, Marc-André Pronovost, le Chef des Matelots, s'acquitte avec aplomb de son emploi de chef de nage.
On ne peut décerner que des éloges aux Chœur et Orchestre de l’Académie baroque européenne d’Ambronay, dirigés par un Hervé Niquet, beaucoup moins abrupt que ne l'est sa coutume. Certes, on a « mis le Carême bien haut » [= « exiger des choses bien difficiles. Dictionnaire de l'Académie Française, 1798] avec cette partition, mais les académiciens relèvent le gant avec panache et jubilation. Un son rond et ductile, des attaques impeccables, un très beau pupitre de vents, un continuo efficace, trouvent leur apothéose dans une Gigue tourbillonnante et une Chaconne enchanteresse. S'ils sont aidés par le cahier des charges (spectacle durant moins de deux heures, ce qui explique les coupures pratiquées), l'excellent niveau de cette année prouve, une fois de plus, que le succès seconde la valeur.
¤ Le livret d’Houdar de la Motte se trouve en ligne sur Google Print. (Editions des œuvres de Houdar de la Motte. Paris ; Prault l’ainé, 1754. pp. 350 sq.)
¤ Le Centre culturel de rencontre d'Ambronay, à l'occasion de cette recréation, a édité dans le n° 4 de ses Cahiers d'Ambronay un dossier très complet consacré à cet oeuvre.
Outre les analyses de Michel Nafi (« Le Carnaval et la Folie : Révolution ou conformisme ?) et Marianne Massin (« Le jeu de la marotte ou la momerie de Folie ») portant sur le livret d'Houdar de la Motte, on pourra y trouver des interviews avec les artisans du spectacle (Hervé Niquet, Jacques Osinski, Marie-Geneviève Massé et Christophe Ouvrard), et une édition critique du livret réalisée par Gérard Geay (du CMBV, partenaire du Centre culturel de rencontre d'Ambronay pour cette remise au théâtre de l'ouvrage), qui a confronté les différentes sources (partitions et livrets, cités en annexe).
¤ Une tournée emmène cette production à Reims, Toulouse, puis Sibiu et Bucarest (Roumanie). Reprise à Valladolid en Janvier 2008 et au Théâtre national de l’Opéra Comique (Paris) les 1er et 2 Février 2008.
NB : les photographies communiquées par le Centre culturel de rencontre d'Ambronay montrent les deux distributions. _________________ "Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles." Michel Leiris
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Posté le: 19/Oct/2007 20:24 Sujet du message: Re: Destouches - Le Carnaval et la Folie - Fest d'Ambronay 2
EdeB a écrit:
La distribution du 12 octobre permettait de découvrir la Folie de Mélodie Ruvio qui impressionne tant par son riche mezzo coloré, que par un style quasiment irréprochable et une forte présence scénique.
merci... _________________ Les larmes qu\\\'on ne pleure pas
dans notre âme retombent toutes,
et de leurs patientes gouttes
martèlent le coeur triste et las.
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Posté le: 19/Oct/2007 23:23 Sujet du message: Re: Destouches - Le Carnaval et la Folie - Fest d'Ambronay 2
AddictedToOpera a écrit:
EdeB a écrit:
La distribution du 12 octobre permettait de découvrir la Folie de Mélodie Ruvio qui impressionne tant par son riche mezzo coloré, que par un style quasiment irréprochable et une forte présence scénique.
merci...
!! C'est toi, Mélodie Ruvio ?!?!!?
(Ben, si j'm'avions douté)
Plus sérieusement, archiBRAVO !! C'était une très follichône Folie, que j'ai bien envie de retourner voir à Paris... et, hop, soyons fous, la seconde distribution itou, si j'arrive à caser ces deux soirées dans mon emploi du temps surchargé.
PS : Et, encore une fois,chère Mélodie-la-bien-nommée, le Troisième Acte était superbe !! (L'enchaînement "C'en est donc fait, tu n'es plus sous ma loy... Qu'en ces lieux chacun chante...")
Un espoir que France Mu plante ses micros et immortalise cette réjouissante soirée ? (On s'est amusés comme des petits fous avec ce Destouches et cela mérite vraiment une trace audio.) _________________ "Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles." Michel Leiris
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Posté le: 20/Oct/2007 11:28 Sujet du message: Re: Destouches - Le Carnaval et la Folie - Fest d'Ambronay 2
EdeB a écrit:
!! C'est toi, Mélodie Ruvio ?!?!!?
(Ben, si j'm'avions douté)
Plus sérieusement, archiBRAVO !! C'était une très follichône Folie, que j'ai bien envie de retourner voir à Paris... et, hop, soyons fous, la seconde distribution itou, si j'arrive à caser ces deux soirées dans mon emploi du temps surchargé.
PS : Et, encore une fois,chère Mélodie-la-bien-nommée, le Troisième Acte était superbe !! (L'enchaînement "C'en est donc fait, tu n'es plus sous ma loy... Qu'en ces lieux chacun chante...")
Un espoir que France Mu plante ses micros et immortalise cette réjouissante soirée ? (On s'est amusés comme des petits fous avec ce Destouches et cela mérite vraiment une trace audio.)
Merci merci... que de compliments! Ca devient presque génant
En ce qui concerne la captation audio par France Musique, ça me semble en bon chemin mais rien n'est encore tout à fait sûr... il était également quesiton d'une captation vidéo... mais bon, à suivre! Merci encore en tous cas!! _________________ Les larmes qu\\\'on ne pleure pas
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Posté le: 25/Jan/2008 11:29 Sujet du message: Re: Destouches - Le Carnaval et la Folie - Fest d'Ambronay 2
EdeB a écrit:
Un espoir que France Mu plante ses micros et immortalise cette réjouissante soirée ? (On s'est amusés comme des petits fous avec ce Destouches et cela mérite vraiment une trace audio.)
Au dernière nouvelles il y aura en effet une captation de France Musique à Paris...
Et en attendant, un petit reportage de France 3 du jeudi 24 janvier (qui commence à la 17e minute...)
http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=c38a_1920&video_number=0 _________________ Les larmes qu\\\'on ne pleure pas
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Posté le: 28/Jan/2008 15:28 Sujet du message:
PH a écrit:
a noter aussi que la premiere de l'opera comique sera captee par la tele
PH
AddictedToOpera a écrit:
EdeB a écrit:
Un espoir que France Mu plante ses micros et immortalise cette réjouissante soirée ? (On s'est amusés comme des petits fous avec ce Destouches et cela mérite vraiment une trace audio.)
Merci de ces bonnes nouvelles. _________________ "Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles." Michel Leiris
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Posté le: 03/Fév/2008 12:37 Sujet du message:
j'ai vu ce spectacle hier soir à l'opéra comique.
saluons d'abord l'initiative de l'académie baroque européenne d'Ambrony d'offrir à des jeunes la posssibilité de se former avec un projet scénique qui part longtemps en tournée.
l'académie 2007 achevait justement hier sa tournée à Paris, heureuse initiative de poubvoir voir leur trvail à Paris.
jolie mise en scène avec un dispositif scénique varié (3 décors différents tout de même, bravo).
joli travail sur les costumes élégants, intemporels.
la mise en scène offre une belle varité de tableaux, avec intervention des choeurs élégamments éclairés, parfois derrière un rideau de tulle.
dans la distribution vocale, par contre, Camille Mercxx qui interprétait la Folie a un timbre très désagréable, je n'ai jamais entendu une voix féminine aussi laide. c'est le seul bémol pour cette soirée, fort intéressante pour cette découverte d'une rareté baroque.
sait-on quelle oeuvre baroque sera programmée pour l'académie 2008 dirigée par rené Jacobs ? programmation à suivre, mais qui me semble trop discrète, à nous d'en parler sur OdB pour leur faire un peu de pub.
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