Hommage à Roberto Alagna (interview et dossier)
Hommage à Roberto Alagna

Photographie © Bertrand Desprez
Roberto Alagna a reçu avec une très grande gentillesse Opéra Data Base, le 28 juillet 2005, à l'issue de la répétition générale de La Bohème de Puccini à Orange. Le ténor français nous a accueillis dans sa loge, juste après avoir remercié ses nombreux amis et parents d'être venus, et juste avant de quitter les coulisses, poursuivi par les caméras de deux grandes chaînes de télévision nationales...
ODB : Vous avez chanté de nombreuses fois le rôle de Rodolfo, dans le monde entier. n'avez-vous pas peur un jour d'avoir tout dit sur le rôle et de tourner en rond ? Ou au contraire, une nouvelle mise en scène apporte-t-elle quelque chose de complètement différent au personnage, de votre point de vue ?
Roberto Alagna : C'est même plus que ça, parce que le fait que La Bohème soit un opéra de jeunesse et le fait que nous l'ayons chanté avec Angela quand nous étions jeunes, que nous avancions dans l'âge et que nous atteignions une certaine maturité, en réalité, ça enrichit encore le rôle, parce que nous avons l'expérience de la maturité, et qu'en même temps nous savons ce que c'était que la jeunesse. Donc ça nous touche encore plus, parce que ce n'est plus un personnage qui meurt à la fin, c'est la jeunesse qui meurt. Et donc, quand on arrive comme moi à quarante ans et que la jeunesse s'en va un peu, et bien ça nous touche davantage.
c'est un passage à un plan métaphorique, alors...
Oui parce que c'est une jeunesse qui s'en va, et qui ne revient plus. C'est un rôle qui est toujours émouvant, et je ne peux pas m'empêcher de pleurer à la fin, il n'y a rien à faire !
Nous non plus !
Pourtant je dois me concentrer pour chanter les dernières notes... Je suis toujours pris par cet opéra. Et peut-être de plus en plus...
Y a-t-il d'autres rôles de Puccini, que vous n'ayez jamais chanté et qui sont en projet ?
Oui, je crois que je vais tous les faire...
Calaf ?
Oui, Calaf, je vais le chanter bientôt, on me l'a proposé dans différents endroits. Je pense que je vais faire très bientôt La Fanciulla del West. Mais le prochain Puccini, c'est l'année prochaine en janvier/février : c'est Manon Lescaut, pour la première fois en ce qui me concerne, à Turin, dans une mise en scène de Jean Reno, c'est moi qui l'ai convaincu de le faire. L'année d'après, je ferai Il Tabarro avec La Lupa de Marco Tutino, les deux dans la même soirée, à Bologne.
Quelles sont selon vous les qualités requises par la musique de Puccini, pour un ténor ? Par rapport, par exemple, aux autres véristes ?
Les autres véristes sollicitent beaucoup la voix de passage, c'est à dire mi, fa, sol, les notes du haut de la partition, ce sont les notes qui fatiguent le plus les ténors. Ce sont des notes de passage, pour atteindre l'aigu. Mais chez Puccini, on ne sollicite pas tellement l'aigu, ou alors de temps en temps : une phrase est écrite dans le médium et, tout d'un coup, il y a un saut dans l'aigu, et ça, c'est assez inconfortable, mais le problème chez Puccini, c'est que l'écriture est très large, avec des tempi assez lents, et de grandes phrases, et tout d'un coup on monte jusqu'au contre-ut, un peu comme dans l'écriture belcantiste, mais avec une épaisseur en plus dans l'orchestre, et donc il faut essayer de toujours contrôler sa voix, il ne faut jamais donner le maximum, dans Puccini. Si jamais vous donnez tout, vous n'arrivez pas à faire ces notes là. C'est pour ça que beaucoup de ténors transposent, il y a des ténors qui n'ont jamais chanté l'air de Rodolfo dans le ton...
Par exemple ?
Domingo, Carreras ou d'autres, même Pavarotti, qui avait un aigu très facile, à 40 ans, ne chantait plus l'air dans le ton. Ni Björling. Aujourd'hui, par exemple, Villazon, qui est un jeune ténor, ne chante pas l'air dans le ton. Cura, qui ne l'a jamais chanté sur scène, je crois, l'a fait au disque mais un demi-ton plus bas. Pourquoi ? Parce qu'il y a une difficulté énorme, pour arriver à ce fameux contre-ut. Je m'efforce de le faire, parce que j'essaie de garder une sorte de jeunesse dans la voix, et le fait de me forcer à chanter dans le ton, m'oblige à contrôler ma voix, c'est-à-dire à la canaliser et à ne pas tout donner, à ne pas élargir la voix, parce que sinon je ne peux pas le faire.
Et Pinkerton ?
Oui, Pinkerton, c'est un rôle qu'on ne m'a jamais offert, mais j'ai souvent chanté le duo de l'Acte I en concert avec Angela. j'en ai souvent chanté des extraits, mais on ne me l'a jamais proposé, parce qu'on trouve que le rôle est trop court pour moi, alors que c'est un rôle que j'aime. Je pense qu'un jour dans une soirée de gala, je ferai le premier acte de Butterfly, le troisième, par exemple, de Tosca, et puis un autre acte, peut-être le premier acte de La Bohème... faire une sorte de gala...
Par exemple à l'Opéra de Paris, un 31 décembre ?
Alors pour cette soirée du 31 décembre prochain, nous allons essayer de faire un spectacle qui est un petit peu différent de d'habitude. Avec mon frère, nous avons écrit une sorte de pièce musicale, c'est-à-dire que... vous verrez ! c'est une sorte de surprise, j'espère que ça va marcher, parce que c'est difficile à faire. J'ai envie de faire une sorte de conte féerique musical.
Nous vous avons vu le 14 juillet dernier chanter La Marseillaise et nous aimerions bien savoir ce que vous avez ressenti à ce moment-là.
Je vais vous expliquer un petit peu mais je vous laisse la surprise, parce que je suis en train d'écrire un livre, et que je vais terminer ce livre par cette Marseillaise. Ça a été une grande émotion pour moi, parce que je suis un fils d'italiens, et que je me suis senti pendant mon adolescence un peu déraciné, je me sentais complètement apatride. En Italie, je n'étais pas italien, en France je n'étais pas français. Je me suis toujours senti un petit peu à l'écart, moi, cet enfant d'Italiens, de Siciliens, qui étais presque rejeté par les enfants à l'école, car, vous savez, les enfants sont durs entre eux. Combien de fois ai-je été traité de "rital", de "spaghetti" etc. C'est vraiment Les Ritals de Cavanna. Et là, c'était moi qui chantais devant le Président, les hommes politiques et toute la France...
Et ça a bien sûr plus de valeur qu'une décoration...
Ah oui, parce que j'en ai reçu des médailles ! Mais là, c'était encore plus fort, parce que tout le monde avait son attention fixée sur moi ; il ne fallait pas que je me trompe. Mon père a travaillé à l'Élysée, où il était maçon, sous Mitterrand, et il était obligé, quand il faisait des travaux, de se cacher quand les officiels passaient, de prendre des chemins dérobés. Il ne fallait surtout pas qu'il se montre, et là, son fils était au centre des attentions. Donc j'étais vraiment ému. Je crois que je suis devenu un peu plus français ce jour là...
En tout cas, tous les messages que j'ai reçus des gens disant que j'étais l'honneur de la France, la fierté de la France, m'ont beaucoup touché. Ils m'ont dit qu'ils ont redécouvert la Marseillaise et que j'avais apporté aux mots une chose qu'ils n'avaient pas l'habitude d'entendre. Et ces mots qu'on dit féroces, tout d'un coup ont sonné autrement. C'est comme si je me parlais un petit peu à moi-même... et cet "allons enfants !", c'était un peu moi qui me poussais, pour ainsi dire... ça a été une grosse émotion pour moi. Et c'était un exercice assez difficile à faire, ce n'était pas du play-back, c'était en direct. J'avais le chef et l'orchestre à une quarantaine de mètres de moi, mais je ne les voyais pas du tout, et les choeurs étaient derrière moi. Sans compter en face de moi toute cette tribune de gens qui me regardaient, le Président qui me faisait un clin d'oeil. Alors il fallait avoir des nerfs solides ! Je crois que je l'ai fait d'une façon très noble, très intérieure, et beaucoup de gens m'ont dit qu'ils ont été touchés aux larmes. Je pense qu'ils ont senti la sincérité de cet enfant que j'ai été, et ce moment était comme une sorte de point culminant de ma vie personnelle. Pas de ma carrière, de ma vie.

La Traviata, à l'opéra de Montpellier, 1989 ©DR
Y a-t-il de jeunes chanteurs que vous avez remarqués et que vous aimeriez faire connaître ?
Oh oui, tout à fait ! j'ai créé une maison de production avec mon agent, Levon Sayan, et dans les trois productions que nous avons faites jusqu'à présent, nous avons engagé des gens qui n'étaient pas connus, ou alors de jeunes chanteurs qui démarraient, et nous avons pris le risque de faire connaître ces gens-là.
A savoir ?
Tous ces gens-là qui ont démarré, comme Nathalie Manfrino, et nous avons même fait travailler des gens qui sont moins connus internationalement, comme Marc Barrard, Franck Ferrari, Nicolas Rivenq ou d'autres. En prenant aussi des chefs qui sont moins connus, des gens comme Alain Guingal, qui ont toujours fait des choses excellentes, mais qui ne sont pas connus. Ce qui me plaît en même temps, c'est de réunir des gens venus de mondes différents, comme Jean Reno pour ce Manon Lescaut ou cette équipe de captation qui n'a rien à voir avec l'opéra mais qui d'habitude capte le sport, et moi, je leur fais faire de l'opéra...
Et il y a le projet de CD de musique pop...
Voilà, de la musique pop, et je viens d'enregistrer un disque de chansons de Luis Mariano, en hommage. Je ferai certainement une tournée avec un programme de chansons de Mariano.
Et Elie Semoun se débrouille bien ?
(Rires) Très bien ! Il avait très peur, mais il a eu le cran, et il l'a bien fait. j'ai même convaincu Arielle Dombasle d'y participer, elle appréhendait beaucoup, mais elle s'en est pas mal sortie, elle aussi, et puis il y avait surtout Jean Reno. J'aime réunir des gens de différents horizons.
Il nous reste à vous remercier infiniment pour cet entretien !
Angela Gheorghiu, qui a fait deux ou trois apparitions lors de cette discussion, entre tout d'un coup pour demander à Roberto Alagna s'il est prêt pour aller signer des autographes pour ses fans :
"Roberto, Andiamo a firmare ?"
Théâtre Antique d'Orange,
juillet 2005.
Interview préparée, réalisée et retranscrite par
Jérôme Pesqué, Jérémie Leroy-Ringuet et Florian Dintilhac.
l'évolution de carrière de Roberto Alagna
Depuis le début de sa carrière, Roberto Alagna est critiqué pour certains choix de carrière qui, selon certains puristes, mèneraient sa voix, si radieuse jusqu'alors, à la ruine. qu'en est il vraiment ?
Alagna comme on le sait a établi sa renommée entre 1990, année de ses débuts à La Scala dans La Traviata et cet extraordinaire et plein de symboles Roméo et Juliette à Londres en novembre 1994. Il a parcouru pendant environ huit ans tout le répertoire dit du pseudo bel canto que tous les jeunes chanteurs travaillent pour parfaire leur technique : Rigoletto, Traviata, Bohème, Lucia de Lammermoor, L'élixir d'amour, Faust, Roméo?
Il a chanté tous ces rôles plusieurs fois et s'y est imposé de façon unanime. On pourrait aller jusqu'à affirmer que dans des rôles comme Roméo et Faust et plus généralement dans le répertoire français, il a perpétué l'héritage des Luccioni, Thill et autres Vezzani. Pierre Cadars ne déclare-t-il pas par par exemple :
"c'est bien pourtant à la plus haute échelle mondiale que se situe le Faust de Roberto Alagna.( ?) Cette nouvelle prise de rôle prouve que nous tenons effectivement là l'héritier d'une école que l'on croyait disparue, celle de Georges Thill, de César Vezzani, de José Luccioni"
Pourtant en 1996, au Châtelet, Roberto Alagna tente un pari que tous les critiques annonçaient comme suicidaire : il aborde le rôle de Don Carlos de Verdi dans l'original français en 5 actes. Que dire de cette représentation sinon que ce fut une révélation et un superbe triomphe. Les critiques sont obligés de reconnaître leur erreur puisque le ténor, bien loin de faillir dans la tessiture plutôt lourde de l'infant, lui apporte toute sa fraîcheur, son éclat dans le phrasé et, bien sûr, sa diction française, désormais légendaire. Certaines critiques parlent maintenant de « Don Roberto ».
Le critique Rodney Milnes écrit :
"Roberto Alagna makes an enormously promising stab at the title role, projecting the line fearlessly".
Cependant, parce que ces mêmes critiques l'avaient précocement égratigné, sans l'avoir écouté préalablement, Roberto a décidé de ne plus interpréter ce rôle, à son grand regret d'ailleurs.
Pendant trois ans Alagna se fait moins médiatique parce que, selon lui, il devenait trop disponible et ainsi on ne reconnaissait pas en lui un grand chanteur qui a du travailler très dur pour arriver à son niveau.
A partir de 1999 il revient sur le devant de la scène avec Roméo à Chicago et un exceptionnel Amico Fritz à Monte-Carlo. Il décide alors de se faire plaisir et de chanter tout ce qui lui plait dans les limites que lui impose sa voix : il va s'attaquer en l'espace de deux ans à Cavaradossi, Canio, Don José et Manrico. A première vue, ces prises de rôles pourraient paraître très dangereuses surtout si l'on en croit certains aficionados, ces puristes qui aiment jouer les Cassandre : qu'en est-il vraiment ?
On peut résumer le tout ainsi : il s'est imposé dans tous ces rôles comme le digne successeur des plus grands représentants de l'Age d'Or.
Parcourons la liste de ses grands rôles :
Roberto chante pour la première fois Don José au cours d'une tournée au Japon de l'Opéra de Monte-Carlo en juin 1999, puis, à Peralada en août 1999 et d'emblée c'est l'effervescence . Dans Le Monde, Philip de la Croix s'exalte:
"Le Don José de Roberto Alagna est, en revanche exceptionnel. l'enfant terrible du chant français est on ne peut plus à l'aise dans ce rôle de légionnaire loubard au grand coeur. La voix est d'une rare plénitude : aigus faciles, médiums veloutés, diction irréprochable et puissance vocale impressionnante".
Cependant le triomphe n'est pas encore total, car certaines critiques lui reprochent de parfois trop ouvrir les sons pour imposer un dramatisme qui ne lui serait soi-disant pas naturel. Il suffit pour réfuter cette affirmation d'évoquer le témoignage ému d'une lectrice de Classica :
"Notre ténor national y a effectué une éblouissante prestation :le front brûlé, l'allure « petite brute », il décape ici le rôle de Don José, en y apportant une nouvelle lecture, loin du benêt habituel. Il campe un rebelle (?) qui ne retrouve sa fraîcheur d'adolescent que pour répondre au pur amour de Micaela, avant d'affronter sauvagement, tel un toréador dans l'arène, une passion sans limite. La voix, belle et puissante comme à l'accoutumé, est encore magnifiée par le jeu scénique de très haut niveau de cet artiste qui nous a prouvé une nouvelle fois combien il savait nous émouvoir (surtout au dernier acte), image même du désespoir, à en donner le frisson, préfigurant le grand Canio de Paillasse qu'il pourra être demain. Merci, monsieur Alagna, de m'avoir fait pleurer ce soir là, à Peralada."
Ces témoignages prouvent déjà que la première fois qu'il a chanté ce rôle, il s'imposait déjà. On peut cependant se demander si Roberto Alagna était capable de soutenir la même tension dans des salles plus exposées comme New-York ou Gènes. Il suffit de lire la presse, une fois encore unanime :
Le New York Times du 25 octobre 2000:
"R. Alagna in this final scene was a man playing every card in his hand, vocal and dramatic, and winning with each one of them. His singing was consistently strong, impassioned right to the edge - but not yond - of what good tone can support, and hugely versatile in expressive weight and coloring. There was crazed hope here, violence, spited love, sweetness, all turning into weapons, one of which was certain to end up thrust into Carmen's side."
Dans le San Francisco Chronicle du 1er novembre 2000:
"Alagna, a lyric tenor singing Don Jose, sounded fresh and looked boyishly vulnerable faced with the sexy Carmen. The role is heavier than usual for him, but his voice was big enough when dramatic volume was called for and he had the breath to sustain long notes.
There was no sound of strain. An opera lover could worry whether Alagna was doing long-term harm to a delicately beautiful voice, but Tuesday night he sang a splendid Don Jose."

La Traviata, aux Chorégies d'Orange, 1993
Photographie de Philippe Gromelle
Pour la Carmen au Carlo Felice, Gènes, Mai 2002:
?Don José y las tortilleras?, par Andrea Merli dans Mundo Clasico du 5 Juin 2002:
?Sin embargo el autentico triunfador de la velada -la única en que cantó, puesto que solo actuó en la primera función- fue, sin discusión, Roberto Alagna. En un estado vocal espléndido, físicamente, interpretativamente llegó a un nivel hoy difícilmente alcanzable, sin posibilidad de comparación en el actual 'mercado' de tenores. [...]sa capacidad de comunicar con un gesto, con una sonrisa, que sólo los grandes tienen. Fue ese final, trágico y desgarrador, cuando al pasar con habilidad y sensibilidad del canto al hablado, su recitar cantando hizo estremecer a todo el auditorio.
Personalmente hacía tiempo que no me daban escalofríos por una actuación tan intensa: me sorprendí yo mismo al levantarme de pié para chillar 'bravo' y es que, como dicen en Roma, 'quando ce vo' ce vo''. ¡Bravo Roberto! ?
"Carmen, l'Eroica"par Roberto Iovino, dans La Repubblica du 30 Mai 2002 :
"Alagna dal secondo atto in avanti è stato superlativo. Voce potente, perfettamente controllata e lodevole presenza scenica. Il finale è stato travolgente: raramente si vede e si ascolta un Don Josè così tragico e convincente."
"La "Carmen" di Bizet incanta il pubblico del Teatro Carlo Felice di Genova" par Alessandro Mormile, dans Il Giornale dei lavoratori, 30 Mai 2002:
"Alagna, nel panorama dei giovani e più bravi tenori di oggi, non fatica a ritagliarsi un posto di primaria importanza, vuoi per la musicalità e lo stile, vuoi per la presenza scenica e il colore caldo e fascinoso della voce. È un autentico tenore lirico, che ha iniziato coll'interpretare parti da tenore di grazia per poi approdare a ruoli dalla vocalità più impegnativa e spinta.
C'è chi sostiene che, per il raggiungimento di tali traguardi, abbia bruciato le tappe ed allargato il proprio repertorio senza troppa prudenza, con l'inevitabile rischio di forzare l'emissione e affaticare la naturale preziosità del timbro. La prova dei fatti cancella ogni timore a riguardo.
Pare piuttosto che Alagna abbia raggiunto piena maturità vocale e affinato una musicalità oggi senza eguali nel panorama tenorile mondiale, accompagnata da sensibilità stilistica perfettamente integrata con una personalità artistica originale e di gusto moderno. Per di più, in un parte come quella di Don José, riesce a compiere un miracolo esecutivo che ha del rivoluzionario, presentando il personaggio in veste nuova ed inedita, orientata a far coesistere, con intelligente equilibrio, lo stile di canto francese con quello italiano.
In lui il fraseggio vario e sfumato e gli accenti propri alla vocalità ottocentesca francese (raramente capita di sentire una pronuncia così perfetta ed un fraseggio così curato) vengono infatti a fondersi mirabilmente con l'intensità appassionata di un canto all'italiana stilisticamente sorvegliato e mai contaminato da screziature veriste.
Può forse capitare che l'enfasi lo conduca, nel duetto finale dell'opera, a sottolineature vocali generose (per altro nel corso dell'opera non manca di sfoggiare note acute fuori ordinanza tenute a perdifiato), sempre motivate, comunque, da scelte insite alle pathos del dramma e da una duttilità
espressiva di rara suggestione.
Memorabili, addirittura commoventi sono state l'esecuzione del duetto con Micaela del primo atto (dove è emersa l'incantevole dolcezza delle mezzevoci) e della celebre romanza del fiore, cesellata con elegante morbidezza e grondante di appassionata commozione emotiva."
Je pense qu'au regard de ces critiques on comprend bien que la page est définitivement tournée : le rôle de Don José a trouvé son nouveau titulaire.
Alagna a ensuite abordé le rôle de Cavaradossi pour l'ouverture de la saison 2000-2001 du Covent-Garden de Londres. j'ai eu la chance d'entendre cette représentation. Je dois reconnaître qu'on peut avoir deux avis.
Tout d'abord il est indiscutable qu'il maîtrise totalement le rôle mais il en fait parfois un peu trop. Pour cela je ne citerai qu'une seule critique qui me semble refléter assez bien ce que je pense d'Alagna du moins dans ce rôle.
Enrique Sacau écrit dans Il Mundo Classico :
"Y, por fin: Alagna. ¡Qué decepción su forma de encarar los actos uno y dos! ¡Qué maravillosa lección de música el tercero! Así son los divos. Alagna se caracteriza muy favorablemente por un fraseo maravilloso, un fiatto antológico y un timbre que un crítico español ha calificado como solar. Es cierto que es un tenor lírico que muchos creen que no puede encarnar al más dramático 'Mario', pero pienso que no es así. El problema no es que Alagna sea lírico. El problema es que pretende cantar como un spinto y él no es ni Corelli ni Domingo. En vez de frasear como él sabe -con gusto y delicadeza- trató de montar un discurso brusco que perjudicó una exagerada y poco efectiva "Recondita armonia" y dio al traste con su dúo con 'Tosca'. Arrasó, eso sí, en el momento culminante del segundo acto en que grita "Vitoria, Vitoria". La segunda vez que lo hizo, sostuvo el agudo una eternidad -por supuesto para lucimiento personal- y no fue aplaudido en ese mismo momento por la flema británica, pues si llega a suceder en Italia se interrumpe la representación. En el tercer acto, Alagna vio el lado melancólico de su personaje y se dedicó a hacer un 'Mario' cantante, sensible, al que otorgó mil y un matices. Puede decirse sin dudar que será difícil escuchar un "Lucevan le stelle" tan bien cantado en los próximos años. El tenor alargó las frases cuidando la intensidad hasta en sus más mínimos detalles haciendo gala de su portentoso fraseo legato. Al final de una enorme frase en pianísimo lanzaba las últimas palabras en forte sin que uno pudiera explicar muy bien de dónde salía el aire. La belleza de su timbre -de gran volumen en contra de lo que a veces se insinúa- fue el cauce de una interpretación muy emocionante, conmovedora recompensada por un aplauso cerrado. También estuvo magnífico en el dúo a capella con 'Tosca"
Alagna peut chanter tous les rôle spinto car il en a la possibilité technique mais il faut qu'il évite de singer certaines stars (Corelli, Domingo) ; il est capable de bien plus avec ses moyens à lui.
Venons-en maintenant au rôle-titre de Pagliacci.
Alagna l'aborde en août 2000 à Santander et on peut vraiment dire que c'est une réussite. Il y était très attendu et surtout beaucoup pensaient qu'il ne pourrait pas assumer la dernière scène de l'opéra, véritable « casse-voix ».
Jose Luiz Jiminez rapporte dans El Mundo du 3 août 2000 :
"Roberto Alagna no defraudo. La expectation era la nota dominante ante el debut del tenor italiano en el Palacio de Festivales (?) Roberto Alagna paso el examen de su primer Pagliacci con matricula de honor. El reto de aceptar el papel de un tenor dramatico en su tesiture de tenor lirico lo supero con creces, y ademas aporto una nueva dimension al pesonae, mas acorde con su edad. Y en cuanto su interpretacon estuvo a la gran altura habitual. Alagna va alcanzando sus metasd que son las de la mentalidad de Gigli y Caruso."
Mais il faut lire les critiques de son Pagliacci en février 2002 à Vérone pour se rendre compte de l'impact qu'Alagna obtient désormais dans rôle :
"A Verona nel cast dell'opera di Leoncavallo i tre fratelli Alagna" par Carla Maria Casanova, Gazzetta del Sud, 23 février 2002 :
"Al di là della curiosità per il team Alagna è però Roberto quello che assorbe l'interesse di tutta la produzione, con una prestazione eccezionale, certo aiutata sul piano scenico dall'intesa familiare ma comunque sfolgorante sul binario vocale: sicurissimo in tutto il registro, intelligente nel fraseggio, emozionante negli accenti."
Il giardino lirico, février 2002:
"In palcoscenico, poi, un quintetto di cantanti che ha avuto la sua punta di massimo splendore nell'emozionante Canio di Roberto Alagna (fratello dei registi): un tenore in progressione enorme, straordinario nel disegnare una figura in preda ai tormenti, vocalmente ineccepibile nel fraseggio toccante (la sua "Vesti la giubba" è risultata un capolavoro di finezze espressive, di accenti commossi e commoventi) nonché abilissimo attore."
"L'esibizione in "Pagliacci" di Leoncavallo al Teatro Filarmonico" par Alessandro Mormile - 26/02/2002:
"Roberto Alagna, grazie alle capacita artistiche e vocali e al meditato lavoro di regia svolto con i fratelli, consegna una delle interpretazioni più emozionanti e partecipi che siano state offerte della parte di Canio negli ultimi anni. Forse la tensione drammatica del ruolo non sempre appare confacente alle caratteristiche della voce lirica di Alagna. l'interesse nei confronti dei Pagliacci non si è mai assopito grazie anche ai più grandi tenori del passato e del presente. Tutti, chi più che meno, sono stati attratti dalla parte di Canio. Anche Alagna ha ceduto al fascino del personaggio e con la sua voce, per quanto priva dell'espansione drammatica e della solida muscolosità richieste, ha operato un vero miracolo. Nessuna inopportuna esternazione verista nella sua lettura del ruolo, ma un fraseggio che sa toccare il cuore quando il bel timbro si abbandona al canto patetico, espressione dell'uomo disperato dal tradimento della donna amata.
Nel celebre ?Vesti la giubba?, attaccato con una morbidezza senza pari ed eseguito con accenti di accorata commozione, Alagna ha confermato la sua classe superiore e l'intelligenza di un'interpretazione del ruolo che fa tesoro della grande tradizione esecutiva passata, mediandola intelligentemente col gusto di una personalità di stile moderno. Per lui il pubblico è andato in delirio, decretandogli un trionfo meritato, carico di affetto ed emozione."
Stephen Hastings s'enthousiasme à son tour dans les colonnes d'Opera News :
"Roberto Alagna portrayed a youthful, athletic Canio, alternating boyish enthusiasm with sudden bursts of terrifying violence. He emphasized the darker hues in his voice, but without forcing its natural volume. High notes were secure and fully exploited for theatrical effect but kept within a tensely drawn legato line, with words projecting vividly. Rather than make us observe from a distance a defeated, self-pitying figure who turns to violence, Alagna forces us to share Canio's sense of betrayal and overwhelming desire for vendetta. This was a great performance, which deservedly won him enthusiastic ovations."

Roméo et Juliette, avec Angela Gheorghiu
aux Chorégies d'Orange, 2002. ©DR
Mais de nouveau reviennent, lancinantes, des questions sur l'évolution d'Alagna dans ce répertoire. Tout le monde est bien obligé de reconnaître qu'il est superbe dans ce style mais, en même temps, on a peur qu'à terme, sa voix ne suive plus.
Sergio Segalini écrit :
"Au premier acte, il se montre très convaincant. l'énergie de l'accent, l'ardeur du timbre, la générosité de la projection, sans parler, bien sûr, des qualités rares de sa très belle voix, le rendent magique dans son air d'entrée, puis dans « vesti la giubba », moment d'intimité, chargé de douleur et de désespoir. Après l'entracte, la situation change. La partition, en effet, se fait alors plus exigeante, et l'amoureux trahi devient un fauve assoiffé de sang et de vengeance. La voix d'Alagna, tout en restant parfaitement audible, ne passe plus la rampe avec la rage et la colère exigées, un ténor lyrique ne pouvant pas se transformer en spinto drammatico. En dépit de ces réserves, il faut reconnaître que le charme Alagna opère toujours et que l'on sort du Teatro Filarmonico le coeur empli d'émotions. Mais, en même temps, on tremble pour l'avenir d'un chanteur que nous aimerions voir encore quelques années au sommet de l'affiche?Souhaitons-lui d'être l'exception qui confirme la règle !"
Le dernier rôle à évoquer est celui de Manrico dans Il Trovatore qui allie bel canto verdien, héroïsme et romantisme. Rôle où, à mon sens, Alagna frise l'idéal. Le timbre, le port de voix, les aigus, le legato et la morbidezza, il possède tous les atouts pour être le meilleur titulaire actuel, dans la grande traditions d'un Corelli. Pour appuyer cette affirmation, tout en évaluant le danger de ce répertoire, voici l'avis de quelques critiques fameux sur sa prestation à Monte-Carlo en mars 2001 (prise de rôle) et à Palerme, en décembre 2002.
Jacques Doucelin déclare dans Le Figaro :
"Le Trouvère, c'est, en effet, d'abord un quatuor de solistes vocaux. Il est dominé, soulignons-le pour nous en réjouir, par le rayonnement solaire de Roberto Alagna. On attendait avec impatience le retour à l'opéra du plus célèbre ténor français actuel après ses dernières prestations un peu décevantes : l'inauguration de la salle Gaveau et sa participation au Requiem de Verdi à Berlin, en janvier. Que ses fans se rassurent : Roberto Alagna, élégance de Roméo et barbiche de mousquetaire, a retrouvé dans Manrico son aisance, son élan romantique et cette soif de la scène qui le caractérisent. c'est au point que, porté par l'intimisme de la salle, il a tenu à chanter son grand air du troisième acte dans le ton avec de superbes contre-ut."
Parlons maintenant des représentations d'Alagna dans Il Trovatore à Palerme :
"Un trovador como Dios manda!?, Horacio Castiglione dans Il mundo classico:
"¡ Empezando por EL, por el 'Manrico' de Roberto Alagna que tiene todas le carte in regola para ser hoy en día el único 'Trovador' creíble, tanto vocal como escénicamente. El joven adolescente, irreverente, apasionado, poeta y guerrero a la vez; romántico, dulce y valiente y ardoroso en sus pasiones amorosas y políticas. Ya sólo con su serenata entre bastidores, con ese timbre solar y encantador, definió su personaje. Pero luego, al entrar en escena fue como si un rayo de luna aclarara las tinieblas. Su presencia, su arranque, su fraseo ardiente, su pasión inflamada responden a una visión ideal del romántico héroe descrito por Cammarano y Verdi. Vocalmente su entrega es total: ¿que imita a Corelli en la emisión' ¿es eso malo? Sin embargo, su personalidad es inconfundible y, respecto al Divino Franco (todo hay que decirlo) Robertino esfuma más, matiza con sensibilidad utilizando un legato ejemplar, dulces pianisimos y colores más esfumados. Su 'Ah si ben mio' fue antológico, pero gustó también en todo el segundo acto, en su dueto con la 'madre' y en el final de la ópera, donde alcanzó absoluta verosimilitud teatral. La 'pira' quedó, quizás, lo más justo porque se advirtió una ligera tensión y endurecimiento en la emisión que, por un momento infinitesimal hizo temer lo peor. Cuestión de nervios. Pero supo enderezarse rápidamente y enfrentar el Do de 'All'armi!' con suficiente proyección y con una tenuta que, por exagerada, enardeció ulteriormente el respetable."
On peut également se référer à la critique de Rodney Milnes (Opera, avril 2003) :
"From the honeyed tone of his first off-stage lines, Roberto Alagna surpassed all expectations in the title role. He never had to put on unwanted pressure, since Oren never made it necessary, even in 'Di quella pira', taken at a sensibly moderate pace (one verse only - shame!). 'Ah si, ben mio', also taken very gently, was as sensitively sung as I have ever heard it in the theatre, really shaped and thought about, with subtly phrased interventions from the clarinet intensifying the air of melancholy. This, rather than the cabaletta, became the focal point of the role, and of the opera, which is seldom the case. Alagna's beautiful soft singing in the last act duet with his foster mother would (and did) melt the heart even of a critic."
Enfin voici le jugement de Sergio Segalini dans le magazine Opéra international du mois de février 2003:
"Très attendu, Roberto Alagna, qui n'a jamais caché ses origines siciliennes, enthousiasme les Palermitains grâce à un chant très contrôlé qui allie la vaillance et le souci de la nuance. Un excellent dosage de demi-teintes lui permet de phraser superbement « Ah si , ben mio » et une forte projection du timbre confère une fière allure à « Di quelle pira ». On peut seulement s'étonner de sa manière de sforzare parfois son émission naturelle de ténor d'extraction lyrique, et de dénaturer la couleur d'un timbre irrésistible (?) Espérons que ces forzature ne détruiront pas, à la longue, l'une des plus extraordinaires voix de ces 20 dernières années."
Alagna apparaît indiscutablement comme un ténor de tout premier plan dans ce répertoire. A mon sens il n'est plus (et ce n'est pas un reproche) un ténor lirico pur, mais il est devenu un ténor lirico plutôt spinto. Par contre, il est loin d'être un spinto drammatico comme le sont Cura ou Galouzine. Il a tout simplement choisi une évolution de carrière : il préfère chanter beaucoup de rôles en n'hésitant pas à les incarner à la scène, car c'est la seule façon pour lui de les approfondir vraiment; il doit les pratiquer. Il ne souhaite pas faire une carrière "à la Kraus" qui n'a chanté qu'une vingtaine de rôle en 40 ans de carrière mais n'est pas tombé non plus dans le même piège que Carreras. Il ne se brûle pas à chanter trop souvent ces rôles sur scène (il donne une série de Pagliacci, une série de Carmen et une série de Trovatore par an) ce qui est très raisonnable, et surtout il laisse sa voix mûrir. Il essaye de la travailler ainsi que sa technique pour s'adapter à ce répertoire, ce que ni Di Stefano, ni Carreras n'ont fait à mon sens. Une preuve de cela est qu'il « se rafraîchit » souvent la voix en chantant un répertoire plus léger. Dans les prochaines années, alors qu'il envisage beaucoup de nouveaux rôles lourds (Otello, Samson, Andrea Chenier) il chantera surtout le répertoire français dans lequel il est le meilleur et des ouvrages comme la Bohème.
Enfin je rappellerai seulement que durant ces deux dernières années il a triomphé dans La bohème à Paris, Lucie de Lamermmoor à Lyon, Roméo et Juliette à Orange et Faust au Metropolitan .Cela prouve bien qu'il est en pleine forme, qu'il mène très bien sa carrière pour l'instant et compte tenu de son programme des trois prochaines années, je ne me fais pas du tout de soucis pour lui. Alagna est à mon sens un ténor très intelligent, tout le monde le sait, il est très connaisseur, écoute beaucoup les conseils, discute beaucoup et se montre très ouvert au dialogue. Pour finir, je dirai que ce qui fait sa force, c'est sa fraîcheur et sa simplicité. On parle toujours de lui comme d'un jeune ténor alors qu'il a déjà quinze ans de carrière derrière lui,?
Voilà, je souhaite un très bon anniversaire à Roberto Alagna et j'espère qu'on le verra encore pendant au moins 20 ans'
Principaux spectacles évoqués dans l'article :
27 février, 1, 4, 7, 10, 13 et 16 mars 1996, Châtelet, Don Carlos (rôle-titre) A. Pappano / L. Bondy, K. Mattila, R. Alagna, W. Meier, T. Hampson, J. Van Dam
janvier 1999, Chicago, Roméo et Juliette (Roméo) M. Plasson / N. Joël, A. Gheorghiu, R. Alagna,
4, 7 et 10 mars 1999, Monte-Carlo, l'Amico Fritz (Fritz Kobus)* E. Pido / D. et F. Alagna ; A. Gheorghiu, R. Alagna, A. Bonitatibus
8-11 août 1999, Peralada, Carmen (Don José), G. Noseda / C. Bieito; A. Vavrille, R. Alagna, A. Gheorghiu, L. Gallo
Août 2000, Santander, I Pagliacci (Canio)*Production de D. et F. Alagna.
12, 15, 19, 21, 26, 30 Septembre 2000, Londres, Covent Garden, Tosca (Mario Cavaradossi)* C. Rizzi / F. Zeffirelli; C. Malfitano, R. Alagna, A. Michaels-Moore
8, 11, 16 mars 2001, Monte-Carlo, Il Trovatore (Manrico)* P. Steinberg / F. Tiezzi; D. Theodossiu, R. Alagna, L. Nucci /C.C Caruso (le 11)
21 et 24 février 2002, Vérone, Pagliacci (Canio) V. Sutej / D. et F. Alagna ; R. Alagna, S. Vasilieva, A. Mastromarino, F. Piccoli, E. Marrucci
28 et 31 mai 2002, Gènes, Carmen (Don José) M. Plasson / H. de Anna , Sonia Ganassi, Roberto Alagna, Carmela Remigio, Franck Ferrari
décembre 2002, Palerme, Il Trovatore (Manrico) Daniel Oren / Pier Luigi Pizzi, Roberto Alagna, Alberto Gazale, Fiorenza Cedolins, Luciana D'Intino
Romain Genoyer.
Texte rédigé en juin 2003, à l'occasion du quarantième anniversaire de Roberto Alagna.
Roberto Alagna en France.
(NB: Les * indiquent une prise de rôle ou la première apparition dans un lieu.)
1987, Avignon*, concert sous le patronage de Gabriel Dussurget 1988, Concours de chant de Béziers* Concert pour le Club lyrique de Montpellier* 30 janvier 1989, Paris*, Châtelet, "Jane Berbié présente Roberto Alagna" , Sabine Vatin au piano (Giordano, Ponchielli, Puccini, Ravel, Thomas, Verdi) 4 et 11 mars 1989, Toulouse*, La Traviata
M. Arena-J. C Auvray ; M. Gauci, R. Alagna, R. Massis 24, 26, 29, 31 mars et 2 avril 1989, Montpellier, La Traviata M. Arena-J. C Auvray ; J. Drivala, R. Alagna, E. Tumagnian
1989, Monte-Carlo*, La Traviata (Alfredo)
N. Miriciou, R. Alagna, P. Cappuccilli 7, 9, 11 mars 1990, Monte-Carlo, La Bohème
Gelmetti- Cobelli avec Mazzaria, Alagna, Antonucci, Tumagnian, Scaltriti 25, 27 29 mai, 1, 3, 5 juin 1990, Toulouse, Elixir *
Vaduva, Agache / Barrard 17 et 19 octobre 1991, Montpellier, Corum, Roberto Devereux * v.c
N. Santi / R. Alagna, D. Longhi, L. Roisum, L. Vignon, F. Bard, J.- F. Vincinguerra 29 novembre, 1er décembre 1991, Avignon, La Bohème
A. Guingal / Selva ; Focile, R. Alagna, Millot, Vernhes, Barrard 6 et 8 décembre 1991, Nîmes*, La Bohème
A. Guingal / Selva ; Command, R. Alagna, Millot, Vernhes, Barrard, Harishendy 24, 26, 28 janvier 1992, Monte-Carlo, Roberto Devereux,
Masini / Miller ; R. Alagna, Nicolesco, Scalchi, MacFarland 16 juillet 1992, Aix-en-Provence*, Hommage à Gabriel Dussurget
27, 29 novembre, 1, 4, 6, 8 décembre 1992 , Toulouse, Rigoletto,
M. Arena / N. Joël, Roberto Alagna, Alain Fondary, Valeria Esposito, Luigi Roni, Gabriela Popescu
Février 1993, Avignon, Lucia di Lammermoor
(puis à Nîmes les 28 février et 2 mars)
L. Langrée / A. Selva ; L. Janot, R. Alagna, R. de Candia
19 avril 1993, Paris, concert au profit des enfants malades du sida avec L. Vaduva, E. Lublin, A. Vanzo, R. Alagna.
17 et 20 juillet 1993, Orange*, La Traviata
Plasson / Zambello ; K. Cassello,R. Alagna, P. Coni
26 septembre au 6 octobre 1993, Nice*, Centre dramatique National, Rigoletto,
M. Arena / N. Joël ; A. Fondary, R. Alagna, K. Cassello, M. Olmeda 29 octobre 1993, Paris, Requiem de Verdi,
De Vaughn, Schiatti, Alagna, Pyvovarov, dir. Nello Santi 26 et 28 novembre, 3, 5, 7 déc. 1993, Toulouse, Roméo et Juliette (Roméo)*
M. Plasson / N. Joël ; L. Vaduva, R. Alagna, M. A. Todorovitch, I. Garcisanz, 7 janvier 1994, Toulouse, Requiem (Verdi)
M. Plasson, L. Mitchell, N. Denize, R. Alagna, C. Colombara 20, 22, 24, 27, 29 mars 1994, Montpellier, Faust *
Cl. Schnitlzer / G. Montavon; V. Millot, R. Alagna, A. Vernhes, M. Barrard,...

Faust, à l'opéra de Montpellier, 1994 ©DR
24, 26, 28, 30 juin et 2, 5, 7, 9 juillet 1994, Paris, Favart*, Roméo et Juliette
M. Plasson / N. Joël, N. Focile, R. Alagna
12 juillet 1994, Antibes*, Chantier Naval, concert,
dir. B. de Billy
26 et 29 janvier, 1, 4, 8, 11, 14, 17 février 1995, Paris, Bastille*, Lucia di Lammermoor
M. Benini / A. Serban; J. Anderson, R. Alagna, G. Quilico, Franco Ellero d'Artegna
20 mai 1995, Lille*, récital
23 mai 1995, Paris, TCE*, concert,
dir Bertrand de Billy
28 et 30 juillet 1995, Orange, Rigoletto,
P. Steinberg / Kaëgi ; J. P. Lafont, K. Cassello, R. Alagna, A. Kostcherga
6 octobre 1995, Avignon, concert
avec A. Gheorghiu, B. de Billy
28 octobre 1995, Toulouse, Halle aux grains, concert
avec L. Vaduva et A. Fondary, M. Plasson
déc. 1995, Bastille, La Bohème,
Conlon / Miller ; L. Vaduva, Alagna, Geyer, J. L. Chaignaud, K. Sigmundson

La Traviata, avec Kathleen Cassello aux Chorégies d'Orange, 1993
Photographie de Philippe Abel
27 février, 1, 4, 7, 10, 13 et 16 mars 1996, Châtelet, Don Carlos *
Pappano / L. Bondy, K. Mattila, R. Alagna, W. Meier, T. Hampson, J. Van Dam,
22 et 23 mai 1996, Pleyel, Requiem de Verdi,
dir. S. Bychkov
8 et 10 sept. 1996, Lyon*, l'Elisir d'amore (Nemorino),
E. Pido / F. Dunlop; A. Gheorghiu, R. Alagna, S. Alaimo, E. Dan, R. Scaltriti
24, 30 avril , 3, 6, 9 mai 1997, Toulouse, Werther *
R. Amstrong / N. Joël ; B. Uria-Monzon, R. Alagna, F. Le Roux, B. Fournier.
4 août 1997, récital à Orange,
avec Angela Gheorghiu, dir. M. Plasson (Roméo et Juliette, Faust, Les Pêcheurs de Perles, Mme Butterfly, La Bohème, La Wally, Carmen, ..)
4, 7 et 10 mars 1999, Monte-Carlo, l'Amico Fritz (Fritz Kobus)*
E. Pido / D. et F. Alagna ; A. Gheorghiu, R. Alagna, A. Bonitatibus
19 mai 1999, récital à Pleyel
8 août 2000, Menton*, concert (Fedora, Roméo et Juliette, ?)
8 et 11 janvier 2001, Gaveau*, récital,
dir Anton Guadagno (Don Giovanni, Turandot, l'Elisir d'amore, Carmen, La Juive, chansons napolitaines, ?) DVD
8, 11, 16 mars 2001, Monte-Carlo, Il Trovatore (Manrico)*
P. Steinberg / F. Tiezzi; D. Theodossiu, R. Alagna, L. Nucci /C.C Caruso (le 11), T. Gorbunova
5 juin 2001, Strasbourg*, Palais de la Musique, concert Verdi,
Orch. et ch. De l'opéra Helikon, dir T. Severini (Macbeth, I Lombardi, Rigoletto, Forza del destino, Aïda, Requiem, Traviata, Luisa Miller)
22 juin 2001, Orange, Requiem de Verdi
Chung / H. Papian, B. Uria-Monzon, R. Alagna, R. Scanduizzi
7, 11, 14, 20, 24, 27 novembre 2001, Paris, Bastille, La Bohème (Rodolfo)
D. Oren/ J. Miller ; A. Gheorghiu, R. Alagna, S. Degout, E. Schrott, M. Trempont.
(4), 7, 10, 13, 16, 22 janvier 2002, Lyon, Lucie de Lammermoor *
E. Pido / P. Caurier et M. Leiser ; N. Dessay (les 4 et 7) / P. Ciofi, L. Tézier, N. Cavallier, M. Laho DVD
23 janvier 2002, Cannes*, Victoires de la musique
(remise des insignes d'officiers des Arts et Lettres)
1er mai 2002, Paris, Trocadéro, La Marseillaise
(25), 27 et 30 Juillet 2002, Orange, Roméo et Juliette
M. Plasson / N. Joël; A. Gheorghiu, R. Alagna, A. Verhnes, R. Pape
29 juillet et 1 août 2003, Montpellier, Cyrano de Bergerac*(d'Alfano) [représentations privées donnant lieu à l'enregistrement d'un DVD]
4 octobre 2003, Bastille, La Bohème,
Klajner / Miller ; C. Gallardo-Domas, R. Alagna, [remplace au pied levé M. Alvarez initialement prévu], L. Pisaroni, M. Lanza, M. Kerey, M. Trempont
23, 26, 29 octobre, 5 et 12 novembre 2003, Bastille, Il Trovatore
M. Benini / F. Zambello; S. Radvanovsky, D. Zajick / M. Pentcheva, R. Alagna, Z. Lucic / R. Servile / L. Atanelli / S. Antonucci
13, 20, 24, 27, 30 avril 2004, Bastille, Manon (Des Grieux)* G. Bertini / G. Deflo; A. Cousin, R. Alagna, F. Ferrari, A. Vernhes, M. Sénéchal, C. Fel,...
31 juillet, 3 et 6 août 2004, Orange, Carmen (Don José)
MW Chung / J. Savary, B. Uria-Monzon, R. Alagna, N. Ansellem, L. Tézier TV
27 novembre 2004, Paris, Théâtre des Champs-Elysées, participation au concert pour les 80 ans de G. Prêtre.
14 juillet 2005, Paris, Place de La Concorde, La Marseillaise (version H. Berlioz)
30 juillet et 2 août 2005, Orange, La Bohème (Rodolfo)
J. Lopez-Cobos / N. Joel, A. Gheorghiu, AM Dell'Oste, R. Alagna, O. Anastassov, F. Ferrari
27 novembre 2005, Paris, Palais des Congrès*, concert en hommage à Luis Mariano
16, 19*, 22 mars 2006, Montpellier, Le Corum, Cyrano de Bergerac (Cyrano)
M. Guidarini / F & D. Alagna, R. Alagna, N. Manfrino, R. Troxell, P. Georges
(* abandonne le rôle à sa doublure à la fin du premier acte)
9 avril 2006 Montpellier, Opéra-Berlioz, Le Corum, concert dirigé par A. Altinoglu.
23 juin 2006, Monaco, Grimaldi Forum*, soirée Ben Hur
8 et 11 juillet 2006, Orange, Aïda,
M. Plasson / C. Roubaud, I. Thomas, M. Cornetti, R. Alagna, S-H Ko, O. Anastassov,
17 juillet 2006, Lacoste*, Festival Pierre Cardin, récital avec J. Cohen, piano
27 juillet 2006, Montpellier, Opéra Berlioz-Le Corum, Festival de Radio France 2006, Fiesque* de Lalo (création mondiale) vc, A. Altinoglu, M. Canniccioni, B. Uria-Monzon, R. Alagna, F. Ferrari, J-S Bou, A. Gabba.
17 septembre 2006, Paris, Pleyel, récital de mélodies (avec J. Cohen, piano, et T. Frémont, récitant)
4 février 2007, Montpellier, Opéra Berlioz-Le Corum, Jongleur de Notre-Dame* de Massenet, vc, E. Diemecke, R. Alagna, S. Antonucci, F. Ellero d'Artegna, M. Larcher, R. Rittelmann, M; di Sapia, E. Alexiev
18 mai 2007, concert au TCE avec Jeff Cohen, piano.
8 juillet 2007, Paris, TCE, Le dernier jour d'un condamné à mort (création mondiale), vc,
M. Plasson, I. Thomas, R. Alagna, JP Laffont, E. Schrott, R. Rittelmann
21 juillet 2007, Montpellier, Le Corum, Soirée Coppola
(extrait du Dernier jour d'un condamné à mort, mélodies napolitaines, "Notre père" a cappela)
28 et 31 juillet 2007, Orange, Il Trovatore
G. Noseda / C. Roubaud,
S. Neves, L. Diadkova, R. Alagna, S-H Ko, S. Guèze
04, 07, 10, 13 septembre 2007, Marseille*, Marius et Fanny de V. Cosma, création mondiale,
Jacques Lacombe / Jean-Louis Grinda,
Roberto Alagna, Angela Gheorghiu, Jean-Philippe Lafont, Marc Barrard, Eric Huchet, Isabelle Vernet, Bruno Comparetti
29 janvier et 3 février 2008 ,Montpellier, Le Corum, Orphée (C. W. Gluck),
M. Guidarini/David Alagna
Roberto Alagna, Serena Gamberoni, Marc Barrard
21, 24, 27 avril 2008, Monte-Carlo Cyrano de Bergerac (Cyrano)
G. Carella / F & D. Alagna,
R. Alagna, N. Manfrino, R. Troxell, N. Rivenq, M. Barrard, F. Ferrari
30 mai 2008, Paris, TCE, concert
2 et 5 août 2008, Orange, Faust
M. Plasson / N. Joel,
R. Alagna, I. Mula, R. Pape, JF Lapointe, MN Lemieux, X. Mas, N. Testé
13 septembre 2008, Parc de Saint-Cloud*, concert en hommage à Luciano Pavarotti.
25 novembre 2008, Bordeaux, Grand-Théâtre
2 décembre 2008, Toulouse, Halle aux Grains
7 décembre 2008, Paris, Salle Pleyel
13 décembre 2008, Puteaux*
concerts de mélodies siciliennes
8 février 2009, Metz*, L'Arsenal, Victoires de la Musique classique
18 février 2009, Paris, Olympia, concert de mélodies siciliennes
15 juin 2009, Paris, TCE, concert en hommage à Caruso
23 et 26 juin 2009, Nantes*
1 juillet 2009, Lyon, Amphithéâtre de la cité internationale,(dans le cadre du Festival de Pérouges)
4 juillet 2009, Perpignan*
concerts de mélodies siciliennes
9 juillet 2009, Versailles*, concert d'airs français dirigé par Michel Plasson
1 et 4 août 2009, Orange, I Pagliacci / Cavalleria Rusticana
G. Prêtre / JC Auvray,
R. Alagna, B. Uria-Monzon, I. Mula, SH Ko, S. Degout
18 août 2009, Nîmes, les Arènes*, concert
30 janvier 2010, Monte-Carlo, Auditorium Rainier III, concert dirigé par J. Lacombe
17 avril 2010, Chambéry (Sicilien)
20 avril 2010, Paris, Zénith (Sicilien)
22 avril 2010, Lyon, Halle Tony Garnier (Sicilien)
24 avril 2010, Bordeaux, Patinoire Meriadeck (Sicilien)
27 avril 2010, Dijon, Zénith (Sicilien)
29 avril 2010, Marseille, Le Dôme (Sicilien)
1 mai 2010, Toulouse, Zénith (Sicilien)
4 mai 2010, Lille, Zénith (Sicilien)
6 mai 2010, Amneville, Galaxie (Sicilien)
8 mai 2010, Strasbourg, Zénith Europe (Sicilien)
10 mai 2010, Nice, Palais Nikaïa (Sicilien)
12 mai 2010, Rouen, Zénith (Sicilien)
4 juin 2010, Paris, TCE, concert
15 et 18 juillet 2010, Orange, Tosca
Mikko Franck / Nadine Duffaut
Catherine Naglestad, Roberto Alagna, Falk Struckmann, Wojtek Smilek, Michel Trempont, Jean-Marie Delpas, Christophe Mortagne, Jean-Marie Frémeau
Chronologie établie par Jérôme Pesqué
Dossier réalisé par :
Interview préparée, réalisée et retranscrite par Jérôme Pesqué, Jérémie Leroy-Ringuet et Florian Dintilhac, juillet 2005.
Texte d'hommage réalisé par Romain Genoyer, juin 2003
Chronologies établies et actualisées par Jérôme Pesqué, juin 2003-novembre 2009.
Les photographies en noir et blanc sont extraites du livre Chorégies d'Orange, 1971-1994. Arles; Actes Sud, 1995.
Mise en ligne par Emmanuelle Pesqué
Tous droits réservés (hors photographies). Copyright © de ODB Opéra Tous droits réservés. Publié le: 2003-06-03 (20012 lectures) [ Retour ] |