Vladimir Galouzine : la scène avant tout
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Vladimir Galouzine : la scène avant tout

photographie © DR
Opéras Data Base : Vous êtes connu pour votre sombre voix de ténor, mais aussi pour la beauté de vos aigus. Pensez-vous qu'être ténor dépende de la couleur vocale ou des notes que le chanteur est capable d'émettre ?
Vladimir Galouzine : C'est un mélange subtil des deux, cela dépend de la couleur de la voix et du diapason. De doute façon je ne suis pas d'accord avec la classification italienne des voix: ténor, baryton, basse. Il existe en réalité un nombre de voix différentes beaucoup plus important. Je considère que ma voix n'est pas celle d'un ténor, ni d'un baryton.
Vous rejetez donc les appellations de ténor spinto, de ténor héroïque, de ténor dramatique ou de ténor verdien, en ce qui concerne votre voix ?
Toutes ces appellations sont idiotes. Je n'ai pas envie d'être classé dans une catégorie.
Comment avez-vous découvert votre voix ?
J'ai découvert ma voix par l'analyse des sons instrumentaux, des animaux et de la physiologie de l'être humain.
Pensez-vous qu'il y ait une école russe du chant ?
Oui, il existe une école de chant russe, elle est liée à la spécificité de la musique russe.
Quels sont les grands ténors de cette école que vous admirez ?
Les ténors russes que j'admire sont Sobinov et Atlantov.
Et en-dehors de la Russie?
Les chanteurs que j'admire sont Pertile, Bonisoli, Corelli, Kraus, etc...
Gergiev a-t-il été important pour votre carrière ?
Oui, parce qu'il m'a aidé à construire tout le début de ma carrière de chanteur. Je continue à travailler avec lui et cela avec grand plaisir.
Paris vous adore depuis que vous avez remplacé en dernière minute Placido Domingo dans le rôle de Hermann (La Dame de Pique) au Châtelet. Votre Otello à Orange et Paris, votre Hermann à Bastille ces dernières saisons ont été de grands succès. La France est importante dans votre parcours ?
Oui, depuis Turandot aux Chorégies d'Orange, en août 1997, le public français a appris à me connaître et à m'aimer. Un amour réciproque est né. Le public français est un public amateur de théâtre dramatique, il peut apprécier mon jeux scénique, autant que ma voix. C'est très gratifiant de chanter pour lui.
J'aime la France en tant que pays et possède une seconde résidence dans le Lubéron depuis l'an 2000.
Vous êtes un excellent acteur, sur scène. Avez-vous étudié l'art dramatique, en Russie ? Quels sont vos metteurs en scène préférés ?
J'ai travaillé pendant huit ans dans un théâtre de comédie musicale à Novossibirsk. C'est là que j'ai fait tout mon apprentissage scénique.
Mon metteur en scène préféré est Timur Scheidze, il est Georgien. J'apprécie beaucoup Lev Dodin, Harry Kupfer et Graham Vick.
Chantez-vous des Lieder ou des mélodies en récital ?
Non, je suis un homme de scène, j'ai besoin d'incarner un personnage.
Quels sont les rôles que vous rêvez de chanter sur scène ? Quels sont vos projets français ?
J'aimerais chanter Samson et Dalila, mais je n'ose pas faire mon début en France. Je songe à m'attaquer au répertoire wagnérien. J'ai divers projets en France et à Paris: Tosca (Paris) et La Dame de Pique (Toulouse et Monte Carlo). J'ai surtout beaucoup de projets aux Etats-Unis et en Russie pour les cinq années à venir.
Propos recueillis par Jérémie Leroy-Ringuet
Traduction du russe effectuée par Catherine Galouzine, que nous remercions vivement !
Le site non officiel de Vladimir Galouzine : www.vladimirgalouzine.com

Lensky, à Buenos Aires, en 1997. photographie © DR
Discographie :
rôle-titre, si non précisé
MOUSSORGSKI
La Khovanchtchina (Andreï Khovansky)
Valery Gergiev
1991
Boris Godounov (Dimitri/Grigori)
Valery Gergiev
1997
PROKOFIEV
L?ange de Feu (Agrippa von Nettesheim)
Valery Gergiev
1993
Le Joueur (Alexis)
Valery Gergiev
1999
RIMSKI-KORSAKOV
Sadko
Valery Gergiev
1993
Ivan le Terrible (Mikhaïl A. Tucha)
Valery Gergiev
1994
Légende de la ville invisible de Kitège et de la jeune Fevronia (Grishka Kutierma)
Valery Gergiev
1994
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