La tétralogie pour les (presque) nuls, par Loïs

La question se posait : comment fêter dignement les 15 ans d’ODB avec mes petits moyens intellectuels ? De même que ma grand-mère m’offre impitoyablement un nouveau pull à chaque fois, je vais faire de même en pondant le même cadeau qu’à Noël : une Loïsserie à épisode.

Depuis longtemps j’en rêvais : m’attaquer à la Tétralogie cette incroyable histoire que même le plus naze des scénaristes hollywoodiens n’oserait présenter : une coucherie incestueuse entre un frère et une sœur qui débouche sur un rejeton, lequel se prend pour le plus grand héros du monde (excusez du peu) avant de coucher avec sa tante, le tout sous fond d’entretueries entre cinglés pour une bagouze en râlant « mon précieux, mon précieux » et baignant dans la flotte (z’avez une idée de la température du Rhin en ce moment ?).

PS : que les sbires stipendiés par mes ennemis politiques abandonnent toute idée de vengeance : je suis planqué cette semaine à l’étranger et de toute façon il n’y a aucune arrière-pensée à cette double histoire d’un borgne qui se fait piquer le pouvoir par sa fille et d’un jeune qui veut se taper une vieille.

OR DU RHIN (alias « mon précieux »)

Dans les profondeurs du Rhin, je n’ose imaginer la température, trois greluches aquatiques (en langage soutenu = trois ondines), les filles du Rhin, Woglinde, Wellgunde et Flosshilde barbotent (les metteurs en scène ont abandonné depuis longtemps l’idée de les mettre en maillot au vu du format wagnérien moyen). Elles sont supposées garder l'or du Rhin mais la misogynie de Wagner remettant les choses en place, entre leur diarrhée verbale et le neurone qu’elles se partagent (en gros la descendance féminine Hilton dans une piscine), c’est mal barré. Alberich, un nain de Nibelheim (non ce n’est ni en Corrèze, ni en Hongrie) se pointe et les drague version gros lourd de banlieue (« Eh Mamoizelle ») mais les pouffes l’envoient bouler (faut dire qu’il a un physique de radio ou de député niçois).

Pour se venger, Alberich fait main basse sur le tas d’or, n’a cure de la menace (celui qui le portera devra renoncer à l’amour) car il ne voulait que baiser et se contrefiche des sentiments et s’en va en sautillant sur ses petits pieds de nain, assuré de détenir maintenant la richesse du monde quand il l’aura transformé en anneau (il abandonne l’idée d’un piercing car cela fait trop mal).

Wotan, le Jupiter local sans talonnette mais avec un bandeau de borgne ronque avec sa Junon (Fricka in Deutsch). Comme toutes les harpies, c’est une lève tôt et secoue le gros ronfleur qui ne la touche plus depuis longtemps afin de lui montrer que leur nouvelle demeure (das Grosse Olympiadium) a été terminée. Ce château a été bâti par deux géants (les frères Fasolt et Fafner) en échange d’une jeune pucelle – Freia – ci-devant déesse de la jeunesse, grâce à laquelle Fasolt et Fafner espèrent retrouver leur puissance perdue car Freia tue le temps en confectionnant des tartes à la pomme d'or dans l’espoir de devenir super pâtissier sur M6. Or ces pommes confèrent jeunesse et immortalité à ceux qui les gobent. (si on met la phrase dans l’autre sens notamment quant à la puissance perdue, ce qu’il faut absorber pour la retrouver et croquer la pomme, je n’ose imaginer la boucherie que va subir Freia. Le pire c’est que je suis sûr que c’est l’idée malsaine de Richard).

La fratrie pousse des cris d’orfraies (c’est comme sur l’Olympe, ils sont tous frêres et sœurs et couchent ensemble) mais malgré les cris de Fricka et les menaces de Donner, dieu du tonnerre et Froh, le dieu du printemps, Wotan balance la belle sœur car le pacte qui livre Freia est inscrit sur sa lance (en runes comme si quelqu’un savait les lire) et il ne peut se parjurer.

Heureusement pour Wotan, Loge, le virevolant, sautillant et coloré dieu du feu à la voix flutée apparait et vu qu’il est loin d’être con (c’est la version walhallaesque du « meilleur d’entre nous ») il propose une monnaie d’échange pour récupérer le belle doche (car sans ses pommes les dieux perdent leur immortalité, ça craint) : l’anneau qu’a forgé Albérich avec l’or du Rhin. Pendant que les géants embarquent Freia en otage, Wotan et Loge descendent sur terre pour piquer l’anneau au nabot.

À Nibelheim , Alberich ne se sent plus et asservit son troupeau de nains à porter et entasser son or pendant que son forgeron de frère Mime doit lui créer un heaume magique qui rend invisible celui qui le porte : le Tarnhelm (mon rêve). Alberich démontre le pouvoir du Tarnhelm en se rendant invisible, pour mieux tourmenter ses sujets.

Wotan et Loge se font tout raconter par le cafteur de Mime et Loge défie Alberich de se transformer d'abord en dragon, puis en crapaud. En un saut Loge emprisonne le gros couillon. Gros couillon qui doit donner sa richesse en échange de sa liberté et se retrouve une main devant, une main derrière après avoir perdu son or et son heaume. Pour couronner le tout Wotan lui arrache l’anneau sans savon ni vaseline.

Anéanti comme la France après Hollande, Alberich maudit l'anneau et son porteur: « Le seigneur de l'anneau sera l'esclave de l'anneau ! ».

Pour récupérer Freia, Wotan doit transformer celle-ci en Numérobis et la faire disparaitre sous l’or mais Fasolt joue les Obélix et dit qu’il y a encore un bout qui dépasse et donc qu’il faut le boucher avec l’anneau. Wotan refuse de s’en défaire comme Sallustre de ses bagues quand, soudainement, Erda, la déesse de la terre, surgit du sol. Elle annonce la fin des dieux et ordonne à Wotan jeter l’anneau pour conjurer la malédiction. Wotan est scié et en règle générale le public aussi car il s’agit d’un des plus fantastiques numéros de contralto.

Les géants rendent Freia avant de s’engueuler pour se partager le trésor et Fafner finit par trucider Fasolt prouvant bien que la malédiction est en marche et que l’on est parti pour la série : l’anneau, le retour de l’anneau, l’anneau et la momie, l’anneau et les extra-terrestres etc….

La virago (Fricka) is back, se moque des prophéties car elle trépigne à l’idée de prendre possession de son château et de pouvoir convoquer Damidot pour faire une déco je ne te dis que ça. Wotan baptise son sam’suffit de Walhalla mais pour qu’on reste les 3 autres opéras, nous en donnera la signification plus tard.

Pour y accéder Froh crée un pont arc-en-ciel, délicat outing de Loge (j’en étais sur qu’il en était), ce dernier faisant mine de suivre les autres dieux mais mourant de redevenir une « flamme dansante » (la reine des folles je vous dis) à la première occasion, flamme qui pourrait tout détruire et ainsi lui permettre de devenir la queen.

En bas on entend pleurer les filles du Rhin, trop tard fallait réfléchir avant.

LA VACHE QUI RIT (je sais c’est naze mais si je ne l’avais pas fait, on me l’aurait reproché)

Toute commence dans la pièce principale d’une maison dans la forêt mais attention aps de pain d’épice, de gazinière, nous sommes dans un opéra sérieux. Va t’en savoir pourquoi il y a au milieu du salon un énorme frêne (encore une déco magnifaÿque). Entre Siegmund comme un dératé qui demande à la maitresse de lieux Sieglinde l’hospitalité pour la nuit. Déjà on y croit, ce genre de conneries on l’a déjà vu dans Orange mécanique et on sait après où finissent les balles de golf. Très scoute, la Sieglinde soigne le Siegmund (une balafre cela fait toujours très mâle) et le restaure.

Elle n’a pas le temps de l’enfermer dans le placard (c’est à ce genre de détail que l’on sait que nous sommes dans un opéra séria et pas un vaudeville, note pour les fragiles du bulbe à qui il faut tout expliquer) que Hunding (ciel mon mari) revient au logis et doit, selon la coutume, lui offrir l'hospitalité. Sieglinde, qui commence sérieusement à en pincer pour l’inconnu qui lui ressemble étrangement (en gros c’est tout simplement du narcissisme, elle nous la joue Arielle Dombasle mais avec une vraie voix), lui demande qui il est et d’où il vient (ça c’est le côté chiant chez les femmes de Wagner : elles ne peuvent pas la fermer et veulent toujours savoir. Regardez comment Elsa a foutu le bordel). Siegmund a des trous de mémoire mais se souvient qu’un jour, de retour de chasse avec son père ; ils ont trouvé la chaumière dévastée, maman occise et la sœur jumelle enlevée. On se croirait dans une chanson de Berthe Sylva. Depuis séparé de son père après une obscure bataille, Siegmund erre comme une âme en peine.

Il se souvient seulement que les assassins sont issu du clan des Neidingen, et comme de bien entendu Hunding que l’on avait oublié au coin du feu balance qu'il appartient lui-même aux Neidingen mais que pour cette nuit, les lois de l'hospitalité sacrées seront respectée. Là on est carrément dans Koh Lanta.

Siegmund resté seul nous la fait Caliméro, on a ben du malheur, et se demande comment trouver une épée dont lui a parlé son père et qui le rendrait invincible (pour l’instant ce n’est qu’un thème que l’on va entendre de plus en plus et qui vous fera c….quand il sera tartiné sur plusieurs heures lors du troisième épisode. Pour l’instant il attend l’inversion de la courbe.

Redescend Sieglinde qui nous la joue chaudasse et ne se sent plus devant Siegmund. Elle a drogué Hunding (non comme comme Fili avec Ducruet mais pour que comme dans les Tontons flingueurs, « il dort le gros con »). Elle raconte sa propre histoire, et montre l’épée qu'un étranger borgne (tiens j’ai une idée) a enfoncée dans le frêne le jour où elle a contre son gré été mariée à Hunding. Tout s’enchaine (en quelques minutes on a 5 ans d’épisodes de Santa Barbara ou 10 d’Amour, gloire et beauté) : Siegmund et Sieglinde se rendent compte qu’ils sont les rejetons de Wotan (même s’ils ignorent son essence divine), qu’ils sont frère et sœur jumeaux, Siegmund retire alors l'épée de l'arbre et baptise sa ferblanterie « Notung » (Détresse) et pour ne pas être en reste Sieglinde se donne à Siegmund qui comme tout garçon poli n’ose refuser (mais il se rend compte qu’il se tape sa propre sœur ?) Le duo final évidemment se veut toride, un des meilleurs moments musicaux de la tétralogie avec l’air de Siegmund juste avant. .

Changement de décor (sauf si c’est Warli qui ne voit une mise en scène que comme un négatif des didascalies) : la montagne. Wotan est en discussion avec sa fille préférée, une Walkyrie (une variété tudesque de pétroleuse). Vous imaginez Marianne Sägebrecht avec le casque d’Astérix sur la tête.

Ils dissertent tous deux comment aider Siegmund (Wotan n’a toujours pas craché le morceau que c’était son fils) et comme on dit chez moi , il n’a pas encore le cul sorti des ronces. Finalement Wotan demande à Brunnhilde de partir sur son cheval voler au secours de Siegmund dans sa lutte contre Hunding. La harpie Nazionâle arrive furax comme d’hab et ordonne à son mari de punir Sieglinde et Segmund pour leur copulage incestueux (et puis surtout ce sont les rejetons de Wotan alors qu’il fautait ailleurs (le belle mère de Cendrillon c’est la douceur incarnée à côté). Il faut dire qu’elle est aussi déesse de l’amour légitime et comme toute mal baisée elle hait l’amour libre. Wotan argue que pour le salut des dieux il faut un héros humain mais elle ne veut rien entendre et Wotan promet de ne pas aider Siegmund. Brunnhilde de retour des écuries, devant le triomphe de Fricka (on l’imagine menton levée , air méprisant, yeux étincelants – voir une photo de Trierweiller après un tweet pour ce faire une idée) entend son père piteusement expliquer son revirement (ma femme me bat) tout en rappelant que seul Siegmund pourra sauver le monde des dieux (il a eu l’info d’Erda avec qui il avait fricoté, « regarde ma grande lance » et avec qui il a engendré les walkyries).

Malgré la volonté de Brunnhilde sauver son demi frère (et d’emmerder la marâtre), Wotan reste inflexible, le lui défend et l’envoie au lit sans diner (évidemment elle fait le mur).

Retour sur terre : Siegmund et Sieglinde fuient devant Hunding, Siegliende s’évanouit comme Boutin devant une bombe lacrymo.

La fugueuse Brünnhilde sort d’un fourré, annonce à Siegmund sa mort prochaine (ça fait plaisir), que son épée a perdu son invincibilité mais lui dit « t’inquiète, je te porterai au Walhalla près de ton père ». Siegmund refuse de laisser sa soeur (la vraie pas la demi), Brünnhilde lui promet de s’occuper de Siegliende et du lardon à naitre (ben oui le temps avance plus vite sur terre qu’au Walhalla) après sa mort. Et puis vu qu’on est pas chez les Hallyday, l’esprit de famille existe et elle rend quand même à Notung sa puissance. Ca tombe bien, ya le cornard qui rapplique. Siegmund va pour le frapper avec son épée toute neuve mais le dieu des dieux apparait et en s’écriant « bordel de moi même de sa lance brise Notung. Hunding frappe Siegmund à mort : Brunnhilde n’a que le temps de ramasser les morceaux de Notung, jeter Sieglinde sur son cheval et piquer des deux. Papa se lance à sa poursuite.

Haut désolé d’une montagne

Des hélicoptères arrivent pour balancer le napalm sur la jungle vietnamienne (ma concierge que j’avais amenée dans un élan social et qui dormait jusqu’à maintenant se réveille car même Trump reconnaitrait l’air).

Les Walkyries chevauchent dans les airs en emportant au Walhalla les corps des guerriers morts, tombés sur le champ de bataille.

Les deux filles du borgne arrivent hors d'haleine et la vierge casquée (contrairement à Sieglinde, il lui faut attendre encore une journée avant de voir le loup) supplie ses sœurs de les cacher du courroux de Wotan qui la talonne.

Sieglinde qui ne sait que geindre veut mourir mais Brünnhilde lui confie les débris de Notung car un jour son fils de Siegmund rassemblera les morceaux de l'arme et deviendra le plus grand héros du monde. (commentaire du rédacteur, il y a une phrase sublime « sauve la femme » d’une force inouie, beaucoup trop courte et il faudra attendre l’extrême fin du crépuscule pour entendre son développement = frustrant).

Wotan atterrit (ils ont tous un pégase avec un casque à pointe dans la famille comme véhicule de fonction) et retourne ses filles les unes après les autres comme les cygnes pour découvrir Brünnhilde qui ressemble à Morano quand elle sait qu’elle a encore dit une connerie.

Sourd aux prières des Walkyries il rejette de la divinité Brünnhilde (ce serait un mec et lui briserait le sabre sur le genou et arracherait les galons mais vu que c’est une gonzesse, le protocole ne sait pas quoi faire) et la condamne à s’unir à un humain. L’horreur ! Brünnhilde pense qu’elle pourrait tomber sur Weinstein et supplie son père de ne pas la donner à un lâche mais à un héros. Wotan ne peut résister aux accents de sa fille, l’embrasse sur les yeux pour l’endormir et entoure le rocher d’un effrayant rempart que seul un mec sacrément burné osera franchir pour la réveiller d’un baiser version Blanche neige ou Belle au bois dormant (Loge prend un pied fou à faire cela car il peut se travestir en flamme comme savent ceux qui ont suivi le premier épisode).

Alors si les lecteurs s’aperçoivent que l’humour du rédacteur flanche sur les dernières lignes, ce n’est pas un signe de fatigue mais une émotion toujours intacte depuis des décennies à l’évocation de ce qu’il considère comme le sommet absolu de l’histoire de l’opéra et si c’est London qui s’y colle, il défaille. Le thème qui explose lors de l’endormissement est peut être la plus grande phrase musicale symbolisant l’amour (adieu fille aimée).

Aïe ! Arrive maintenant ce que je redoute depuis le début : raconter Siegfried, l’opéra le plus chiant que je connaisse. Nous avons droit à des heures de diarrhée musicale sans le moindre intérêt avec un verbiage dégoulinant comme le Blob. Je me demande si je ne préfère pas écouter un opéra baroque où les airs s’enfilent comme on enfile des perles ou aller chez le dentiste car après tout ce sera plus rapide.

Siegfried (Là bas là bas, Siegfried dans la forêt …..Siegfried….là bas…. Forêt… SIEGFRRRRIED ? Ulrika von Glott)

Des années se sont écoulées (exit Siegmund et Vickers à la fêlure adolescente, disparue Sieglinde, personnage pour lequel Wagner eut la prémonition qu’un jour viendrait Rysanek, dégagé Hunding mais ça on s’en fout), l’histoire quitte le Walhalla pour la terre des humains. On ne voit plus Loge qui travaille maintenant chez Michou, Freia est passé aux poires avant de s’attaquer aux scoubidous et Fricka s’occupe de ses pièces jaunes (ah zut je la confonds avec Bernadette, même caractère).

L’opéra s'ouvre sur le nain Mime. Il a le physique de Sim dans la libelluhuhule (Elle ne boit pas elle fume pas mais elle cause ; c’est un film pas une allusion à Ségolène Royal). Réfugié dans la forêt avec Siegfried (fils adultérin et incestueux de Siegmund et Sieglinde, il part bien chargé dans la vie le gamin) dont il a fait son fils adoptif, il essaie de reforger Nothung en vain. Il faut quand même dire qu’il va taper comme un sourd un bon moment puis ce sera au tour de Nothung de expliquer et que cela dure au bas mot une demi heure (dans le Trovatore 2,5 minutes, cela fait moins mal à la tête)

Arrive Siegfried, accompagné d'un ours qu'il vient de capturer vivant au cours d'une chasse et avec lequel il menace Mime afin qu’il se bouge le cul à forger l’épée. (Wagner avait pensé à le faire arrêter de respirer comme Soupalognon y Crouton mais pour un chanteur cela craint). Menaçant de beignes le nabot, ce dernier avoue ne pas être son père. Siegmund se barre, écœuré mais au fond de lui ravi de ne pas avoir de gène commun avec le résultat du croisement entre Megret et Ciotti. Il le menace de mandales à son retour si Nothung n’est toujours pas forgée.

Mime se fait sous lui quand arrive un voyageur borgne (Wotan, qui a pris Der Wanderer – le Voyageur – comme pseudo. Ils se lancent dans un concours qui permet à Wagner d’étaler sa science et qui est beaucoup moins marrant que la locomotive de Pâris. Wotan/Wanderer repart (le baryton-basse qui créa le rôle avait des problèmes de trésorerie alors Wagner, bon pote, le faisait cachetonner).

Siegfried revient et vu qu’il est aussi têtu qu’un Aragonais piaille « Où qu’elle est mon épée ? »

Comme on n’est jamais mieux servi que par soi même, il se la forge tout seul (retour des bruits de ferblanterie) pour partir ensuite combattre le géant Fafner qui s’est déguisé en dragon grâce au heaume magique et roupille sur son tas d’or. En fait Siegfried espère apprendre grâce à cette épreuve ce qu’est la peur (Mime n’a pu lui apprendre mais s’il avait lu Astérix et les Normands il saurait).

Pendant le tintamarre du gamin, Mime jubile car il complote dans sa petite tête qu’il n’aura plus qu’à empoisonner Siegfried après le combat pour tout récupérer (« ce que c’est lâche un nain », Zabou Breitman dans Elle voit des nains partout), Mime ayant pour Siegfried à peu près les mêmes sentiments qu’un automobiliste parisien à l’encontre d’Hidalgo.

Les interminables et gueulards « Nothung ! Nothung ! finissent en apothéose avec Siegfried qui explose l’enclume par l’épée enfin forgée..

Nous sommes devant la caverne de Fafner et s’ensuit une longue séance de verbiage entre le dragon, Albérich qui traine toujours dans les coins pour faire un mauvais coup en geignant « mon précieux, mon précieux » et Wotan dont le seul but et de zieuter et de se marrer en foutant le max de bordel.

Le jour se lève avec l’arrivé de Siegfried flanqué de Mime. Siegried qui se prend pour Blanche Neige : « bonjour les zoziaux, bonjour les petits lapins, oh les jolies paquerettes » entame une discussion avec un piaf (aucun rapport avec la choucroute mais cela rajoute plusieurs pages de partition). Ce rôle permet aux soprani non wagnériens de pouvoir enfin chanter ce répertoire telle que Gruberova (si je ne me trompe pas elle fêtait son 3ème jubilé lors de la création de l’opéra).

Bon après cet interlude bucolique, le combat peut commencer et bien entendu Siegfried passe par le fil de l’épée le dragon (j’accélère car je commence sérieusement à m’emmerder), et pique heaume et anneau au grand dam de zigottos qui se les marchandaient comme des socialistes et des écologistes des sièges de députés que de toute façon ils n’auront pas.

Petite précision : en touchant le sang du dragon, il comprend le langage des oiseaux (le rapport ?) et les pensées de chacun et grâce à ce pouvoir digne d’Harry Potter, et de un il empale Mime et de deux il part sur le rocher réveiller Brunnhile qui depuis le temps doit être recouverte d’une sacrée couche de poussière.

Au pied du fameux caillou ou pionce Brunnhilde, Wotan et Erda se rencontrent pour la dernière fois. Elle lui dit too late et Wotan se résigne à la fin des dieux.

Guidé par l'Oiseau, Siegfried arrive. Wotan tente de le stopper (il est très attaché au pucelage et à l’honneur de sa fille), Siegfried l’envoie péter et brise avec Nothung la lance de son grand-père.

Siegfried franchit alors le cercle de feu. Il voit Brünnhilde endormie, sent un agrandissement de sa personnalité et enfin pour la première fois a la trouillela. Il saisit son courage à deux mains et le reste avec la troisième et roule une pelle à sa tante qui du coup se réveille.

Vous voyez Scrat quand il embrasse l’écureuil femelle dans l’Age de glace 3 avec l’explosion de lave ? Et bien c’est à peu près le torride duo entre le neveu et tantine, d’autant plus phénoménal et jouissif qu’il n’y a plus que quelques minutes à tenir. Ce duo illustre la nécessité d’avoir une soprano qui alliera le tranchant des Hoyotoho de la Walkyrie avec la sensualité de la femme qui a découvert l’amour dans Siegfried et s'il faut la chercher en Scandinavie, ce ne sera pas en Norvège mais en Suède.

LE CREPUSCULE DES DIEUX ou la fin des haricots:

Réunion de famille chez les Gibichungen où Gunther, sa sœur Gutrune et leur demi-frère Hagen, fils d'Alberich, tuent le temps en demandant qui ils pourraient épouser afin de calmer leurs hormones en folie.

Gunter jette son dévolu sur Brunnhilde ; Gutrune sur Siegfried et Hagen les aidera en envoyant Siegfried se cramer les plumes pour descendre Brunnhilde de son rocher enflammé puis en lui faisant boire un philtre d’oubli qui le donnera pied, poings et vit liés à Gutrune.

Comme par hasard, s’approche en barque sur le Rhin Siegfried qui se baladait (3 étoiles sur guide michelin vert). Il tombe dans le panneau, boit le philtre, kiffe à mort Gutrune qu’il veut épouser et promet à Gunther de lui ramener Brunnhilde.

Hagen resté seul pour garder le château, calcule qu’avec son plan il fera main basse sur l'Anneau et la toute-puissance qui va avec (je rappelle qu’il a de qui tenir, Albérich était son daron).

Caillou fumant de Brünnhilde. Cette dernière papote avec sa frangine, la Walkyrie Waltraute, une des givrées qui braillaient Hoyotoho il y a deux journées. Elle lui fait un debrief familial : Wotan est rentré à la maison avec sa lance brisée, il a fait abattre le Frêne desséché qui soutenait autrefois l'univers et en a fait entasser les morceaux autour du Walhalla. Il ne cause plus, ne veut plus bouffer les pommes de Freia et attend la fin du monde. Bref le vieux depressionne et va bientôt virer alcolo ne se lavant plus.

Pour conjurer le sort, Waltraute supplie sa sœur de rendre l’Anneau aux Filles du Rhin en lui rappelant que ritornare al passato sarà un progresso mais manque de pot on est chez Wagner, pas Verdi. Brünnhilde qui a déjà eu un mal de chien à passer l’anneau que lui a offert Siegried à ses petits doigts boudinés refuse.

Ca tombe bien Siegfried se pointe mais ce n’est pas lui ou plutôt si mais déguisé en Gunther grâce au heaume magique. Brünnhilde s’accroche à sa culotte et refuse de le suivre mais le super héros l’entraine mais Wagner recycle une idée de Tristan : ils dormiront séparées par Nothung comme promis à Gunther qui ne veut pas de marchandise avariée.

Retour au palais de Gunther.

Bref échange entre Hagen et Alberich qui chauffe son fils et lui fait jurer de récupérer l’Anneau. Mine de rien on parle toujours des autres mais Albérich est un super rôle.

Puis rassemblement general (en allemand on prononce raßempleument guénérhal) avec toute la smala : Gunther, Gutrune, Hagen, Brunnhilde et Siegfried. Je vous la fait court : tout le monde s’engueule et s’accuse de trahison. Chez Rossini cela nous aurait valu un crescendo et des onomatopées bouclées en quelques minutes : là on se perd dans les méandres de la discussion (quasiment un CD complet), on se croirait dans un congrès du PS avec le même spectacle de soit disant amis qui veulent s’entretuer.

Tout le monde finit par se barrer mais Brünnhilde a laché un secret (normal c’est une gonzesse), Siegfried est invulnérable, sauf en un endroit : son dos. Ben oui, ignorant la peur il ne peut se présenter que face au danger (avec Deadpool on se marre plus)

Bord du Rhin où les Filles du Rhin jouent à Sabrina en chantant boys boys boys. Justement en vlà un : Siegfried. Par le charme puis par la menace elles essaient de récupérer l’anneau mais Siegfried reste inébranlable (Placido : te sens pas obligé de relever)

Gunther, Hagen arrivent, on fait un feu de camp, sort l’harmonica, chante Hugues Auffray. Hagen aussi sincère et crédible que Mélanchon parlant du peuple fait semblant de s’intéresser aux aventures de Siegfried mais craque lors de l’histoire du piaf. Il lui fait boire le contrepoison au philtre d'oubli. Siegfried recouvre la mémoire et veut rejoindre sa tantine car il a très mal (les armures étaient très étroites à cette époque). Profitant d’un moment où Siegfried lui tourne le dos Hagen le poignarde (je vous rappelle la phrase historique de Blanche Neige - version Breitman - « ce que c’est lâche un nain »). Un peu de sérieux : la courte mais émouvante scène de la mort se conclut par l’incroyable marche funèbre qui envoie dans les cordes l’Héroïque de Beethoven et qui prouve que Samanta Fox jouait dans les cuivres à l’époque de Solti.

Dernier tableau : le palais de Gunther

On ramène le corps de Siegfried, Gutrune s’effondre en comprenant qu’elle restera vieille fille et que Siegfried ne l’a jamais aimée. Hagen comprenant qu’il va devoir rendre des comptes supprime Gunther.

Brunnhilde qui en a ras la casquette et qui se dit qu’il faut en finir sinon on va rater le dernier métro ordonne qu'on dresse un bûcher.

Maintenant on va prendre un pied énorme après 14 heures de musique et franchement même en me triturant la gaule humoristique dans tous les sens, je suis sec pour déconner – là nous sommes dans le sublime et je laisse les derniers mots à Wikipédia :

Contemplant Siegfried, elle en fait l'éloge, prend l'Anneau et le met à son doigt, pour que les Filles du Rhin le rendent au fleuve une fois que le feu l'aura purifié. Elle interpelle Wotan : maintenant tout est accompli, le règne des dieux est achevé. Elle fait porter le corps sur le bûcher, auquel on boute le feu. On amène Grane, le fidèle coursier, Brünnhilde l'enfourche et, après un dernier salut à Siegfried, se jette dans les flammes. Le feu s'élève et se répand, atteignant le Walhalla qui s'enflamme. Le Rhin sort de son lit, jusqu'au bûcher, les ondines recueillent l'Anneau ; Hagen veut s'y opposer, elles le saisissent et l'entraînent dans les profondeurs. Le Walhalla brûle de fond en comble et s'effondre. Un monde disparaît, un autre est à reconstruire fondé sur l'Amour (L'opéra se termine sur le leitmotiv de la Rédemption par l'Amour, apparu dans La Walkyrie, thème tellement court à ce moment là et qui est un frustrant teasing).

Ainsi qu’à André Boucourechliev : Brünnhilde s’avance maintenant. Elle a retrouvé sa stature de fille des dieux, elle est ferme, solennelle, dominatrice. Son grand monologue, dans les registres élevés de la tessiture de soprano dramatique, se déploiera en six séquences, chacune centrée sur une idée principale et un motif dominant, et séparée de la suivante par une transition sur un motif important. Le feu et l'eau dominent la grande fresque finale où il n’ya plus de voix, sauf l’ultime cri de Hagen. La Walhalla brûle, le Rhin envahit le rivage. Au thème de la Malédiction marquée par « une force extrême « (Wagner), s’enchaine le chant ténu des Filles du Rhin. Solennel, aux grands cuivres, le thème du Walhalla célèbre une ultime fois la vaine grandeur. C’est enfin le grand déploiement du motif ascendant-descendant de la Puissance sur les harmonies des Adieux de Wotan. Une dernière fois éclate le motif héroïque de Siegfried et c’est dans la douceur soudaine, le thème de la rédemption par l’amour qui conclut l’œuvre.

On s’incline devant le génie

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