Interview Nicolas Chalvin

chalvin 1 yannick perrin


Vous avez pratiqué la musique très jeune ?

Oui, mes parents étaient extrêmement mélomanes. On écoutait France-Musique, les émissions de Marcel Marnat ou de Claude Maupomée, des diques de Bruno Walter ou George Szell, on lisait Le Monde la Musique.

J’ai d’abord commencé le hautbois au Conservatoire vers l’âge de 9 ans , puis donné des concerts dès l’âge de 10-11 ans, dans l’orchestre inter-Conservatoires. Après le bac j’ai intégré le CNSM de Lyon dans une classe de Hautbois.

Concernant la direction d’orchestre, je dois alors beaucoup à Jean-Marc Cochereau,chef d’orchestre et pianiste, fils du célèbre organiste. Très tôt, il m’a laissé diriger certaines pièces, notamment la 88ème symphonie de Haydn à l’âge de 15 ans . J’ai vu à l’èpoque mes premiers opéras à Lyon (L’Amour des Trois Oranges, Dialogues des Carmélites, Turandot). J’étais déjà discophile.

Quels sont les premiers disques qui vous ont marqué ?

Beaucoup d’enregistrements de Karajan, Giulini ou de Szell mais aussi le Don Giovanni de Solti, la Septième de Dvorak par Colin Davis, des Debussy par Haitink, des Strauss par Dorati..

Et vous avez commencé votre carrière comment ?

J’ai d’abord joué comme Hautbois-solo à l’Orchestre national de Lyon puis à l’Orchestre philharmonique du Luxembourg. Je travaillais aussi avec l’orchestre de chambre de Lausanne ce qui m’a permis de voir, séries après séries, comment un orchestre de très haut niveau fonctionne de l’intérieur, les fluctuations du quotidien, les moments de tension comme les moments de grâce.

Le grand tournant c’est votre engagement à l’Opéra de Lausanne ?

Oui, sans aucun doute. J’assistais aux répétitions du temps de Dominique Meyer. Il y eu des spectacles vraiment passionnants, comme le cycle Mozart dans le petit Théâtre du Jorat, The Rake’s progress mis en scène par André Engel ou l’Argia dirigée par René Jacobs dans la production de JL Martinoty qui sont venus par la suite au TCE, un Idomeneo monté par Jonathan Miller, etc…

Puis, après avoir été l’assistant de Armin Jordan, François-Xavier Hauville me confiait des premières, Véronique de Messager dans la mise en scène d’Alain Garichot, Carmen avec Caurier Leiser, Orphée de Gluck avec Ludovic LAGARDE entre autres.

Et la rencontre majeure d’Armin Jordan.

Oui, il m’a beaucoup marqué. J’ai d’abord supervisé les répétitions du Nez de Chostakovitch qu’il a dirigé dans la production des Caurier-Leiser (novembre 2001) et je suivais avec beaucoup d’attention et de passion tout ce qu’il faisait à Genève, notamment cette saison-là la Lady Macbeth du même Chostakovitch, et le Crépuscule des Dieux, une autre mise en scène des Caurier-Leiser.

Ce qu’il faisait dans Wagner était unique, très décapant.

Oui, absolument. Il définissait Wagner comme « un compositeur qui cherche la lumière », dans sa vie, du Nord de l’Allemagne jusqu’en Suisse puis dans le Sud et l’Italie, et dans sa musique. Sa lecture debussyste de Parsifal est inoubliable. Il était obsédé par la clarté du discours et du son de l’orchestre. Il avait par ailleurs un sens aigu de la pédagogie, une personnalité singulière, une grande vitalité, un esprit hors normes.

Et l’autre chef qui a compté c’est Franz Welser-Möst

Oui, je sais qu’il est controversé mais je l’admire beaucoup, notamment pour son sens de la construction, sa capacité à dégager les immenses lignes qui structurent toute une partition, de les mettre en lumière. J’ai de très grands souvenirs de ses Schubert, Mozart, Strauss, Wagner .C’est à la suite d’un concert au cours duquel il m’a vu diriger-et entendu diriger- qu’il m’a fait venir à l’Opéra de Zürich.

Vous êtes à la tête de l’orchestre des Pays de Savoie depuis 2009 avec une programmation surtout axée sur le symphonique et l’instrumental. Vous avez néanmoins fait un peu de lyrique avec votre orchestre ?

oui, trop rarement c’est vrai nous avons donné l’Orphée de Gluck au Festival Berlioz 2013 , et au sein d’un programme Mozart son "Ch'io mi scordi di te"avec Sophie Karthäuser et Cédric Tiberghen au piano, Les Illuminations de Britten par JP Fouchécourt, et du même compositeur, sa Phaedra avec Stéphanie d’Oustrac.

Et vous avez enregistré deux raretés.

Oui, Aucassin et Nicolette de Paul Le Flem (label Timpani, 2011), le premier disque de Stanislas de Barbeyrac et, avec l’Orchestre philharmonique du Luxembourg cette fois, l’opéra Sophie Arnould de Gabriel Pierné qui a été nommé aux BBC Awards en 2008.

Vous avez des projets lyriques ?

Je rêve de monter en Savoie Le Chalet d’Adam. 

Et pourquoi pas, pour rester dans les Alpes, Linda di Chamounix ou l’encore plus rare Elisa de Cherubini ?

Mais oui, voilà des pistes bien intéressantes !



chalvin 2 d warin


Discographie

   Gabriel Pierné : Sophie Arnould avec l'Orchestre philharmonique du Luxembourg (Label Timpani)

   Paul Le Flem : Aucassin et Nicolette avec l'Orchestre des Pays de Savoie et les Chœurs et solistes de Lyon-Bernard Tétu (Label Timpani 2011)

Sa carrière lyrique : chronologie :

mars 2001, Caen,
Lucio Silla
N. Chalvin / JM Bory,
P. Raftery, M. Walz, K. Hammarström, S. Mulhern, S. Marin-Degor, S. Edwards


13, 15, 17, 19, 22 avril 2003, Lausanne
Niobe / MedeaMaterial de Dusapin
N. Chalvin / S. Grögler
Christine Buffle, Caroline Stein, Gyslaine Waelchli, Natacha Ducret, Katalyn Karolyi, Christophe Dumaux.

12, 14, 17, 19 et 21 mars 2004, Lausanne
Orphée et Eurydice de Gluck (version Berlioz)
N. Chalvin / Ludovic Lagarde
Elodie Méchain (Orphée), Marie Arnet (Eurydice), Cassandre Berthon (L’Amour)

4, 6, 9, 11, 13 juin 2004, Lausanne
Don Pasquale
N. Chalvin / R de Letteriis
Lorenzo Regazzo, Raffaella Milanesi, Antonio Siragusa

24 octobre 2004, Lausanne
La Voix humaine, vc avec Delphine Gillot

14, 16, 17, 19, 21 novembre 2004, Lausanne
Reigen de Philippe Boesmans
N. Chalvin / Matthew Jocelyn
Luanda Siquiera, Fausto Reinhart, Monica Brett-Crowfter, David Sotgu, Géraldine Chauvet

12, 14, 16, 18, 21 décembre 2004, Nantes
31 décembre 2004, 2, 4 janvier 2005, Angers
Le Nez
Nicolas Chalvin / Patrice Caurier et Moshe Leiser
Schröder, V. Matorin, J. Smith, A. Kravetz, I. Matiak, L. Ludha, B. Bannatyne-Scott, V. Pochon

20 et 22 avril 2005, Caen
Maria Stuarda
N. Chalvin / Alain Garichot
Mariana Kulkova, Gabriele Fontana, Eric Cutler, Giovanni Furlanetto

0, 12, 13, 15, 17 et 19 juin 2005, Lausanne
Carmen
Nicolas Chalvin / Patrice Caurier et Moshe Leiser
Isabelle Cals (Carmen), Nikolaï Schukoff (Don José), Evgueniy Alexiev (Escamillo), Ainhoa Garmendia (Micaëla)

Novembre 2005, Lausanne,
Rita

22, 23, 26, 27 et 29 décembre 2005, Lausanne
La Vie parisienne
Nicolas Chalvin / Jérôme Savary
Francis Dudziak (Le Baron), Martial Defontaine (Gardefeu), Jean-Louis Meunier (Bobinet), Humberto Ayerbe-Pino (Le Brésilien), Frédéric Longbois (Prosper, Alphonse), Michel Tellechea (Frick)

7 et 9 avril 2006, Caen,
L’Elixir d’amour
N. Chalvin / Omar Porras
Bülent Bezduz, Maria Kerey, Nigel Smith, Till Fechner, Laure Baert

8, 9, 10, 11, 13, 14, 16, 17, 18 et 19 novembre 2006, Genève
Così fan tutte
N. Chalvin / Jean Jourdheuil
Jacquelyn Wagner/Serena Farnocchia (Fiordiligi), Monica Groop/Liliana Nikiteanu (Dorabella), Janja Vuletic/Corinna Mologni (Despina), Tomislav Muzek/Juan José Lopera (Ferrando), Stephan Genz/Thomas Oliemans (Guglielmo), Bo Skovhus/Gilles Cachemaille (Don Alfonso)

20 et 22 juin 2007, Caen
Don Pasquale
Nicolas Chalvin / Daniel Slater
Sonia Yoncheva,

Mars 2008, Angers,
The Rake’s progress,
Nicolas Chalvin / Carlos Wagner
Gilles Ragon, Gail Pearson, Brian Bannatyne-Scott, Josef Wagner, Linda Ormiston

14 et 16 octobre 2008, Caen
Le Songe d’une nuit d’été
N. Chalvin / JL Martinoty
Rachid Ben AAbdeslam, Maïra Kerey, Brian Green, Elodie Méchain, Jean-Sébastien Bou, Delphine Galou

4 et 6 mars 2010, Caen
Eugène Onéguine
N. Chalvin / Jean-Yves Ruf
Andun Iversen, Dima Kutnetsova, Louise Poole, Sergei Romanovsky, Nicolas Didenko, Marie McLaughlin

Octobre 2010, Caen
Carmen
N. Chalvin / JF Sivadier

26, 29, 30, 31 décembre 2010, 2 janvier 2011, Lausanne
La Fille de Madame Angot
N. Chalvin / Anémone
Bénédicte Tauran (Clairette), Emiliano Gonzalez Toro (Pomponnet), Jean-Sébastien Bou (Ange Pitou), Maryline Fallot (Mlle Lange), Alain Vernhes (Larivaudière), Michèle Lagrange (Amaranthe)

28 août 2013, La Côte Saint-André
Orphée de Gluck, version Berlioz, vc
N. Chalvin, dir
Marianna Pizzolato (Orphée), Marie Arnet (Eurydice), Bénédicte Tauran (Amour)

31 décembre 2014, 2 & 4 janvier 2015, Limoges
3, 15, 17, 19 janvier 2015, Caen
1, 3, 5 février 2015, Reims,
Il Barbiere di Siviglia
Nicolas Chalvin / Jean-François Sivadier
Taylor Stayton, Mark Diamond, Eduarda Melo, Tiziano Bracci, Deyan Vatchkov

18 et 20 mars 2016, Reims
Madama Butterfly
Nicolas Chalvin / Alain Garichot
Rié Hamada, Thomas Bettinger, Delphine Haidan, Régis Mengus, Antoine Normand

9, 22, 25 juin 2016, Caen
Il Trovatore
Nicolas Chalvin / Richard Brunel
Igor Golovatenko, Jennifer Rowley, Sung Kyu Park, Helena Zubanovich